François de MALHERBE (1555-1628), Consolation à M. du Périer

- François de Malherbe
Omstreeks 1600, na de godsdienstoorlogen, snakte Frankrijk naar rust, orde en discipline. Dit was de basis voor de absolute monarchie.
Ook in de taal streefde men naar vereenvoudiging. Dat verklaart het succes van Malherbes hervormingen.
Malherbe was een verarmde edelman die op zijn vijftigste als dichter kon gaan werken aan het hof van Hendrik IV. Hij was een middelmatig dichter, met weinig verbeelding en gevoel. Maar zijn taalregulerend werk is uiterst belangrijk gebleken.
Hij stelde dat de taal tijdens de Renaissance tè rijk en tè omslachtig was geworden. Hij wou vele vernieuwingen opnieuw uit de taal bannen: archaïsmen, latinismen, provincialismen, technische termen.
Ook in de poëzie stelde hij nieuwe regels met betrekking tot rijm, cesuur, hiaat, enjambement, enz. In plaats van een persoonlijke poëzie hield hij meer van algemene ideeën. Onder zijn invloed is de lyrische poëzie op de achtergrond geraakt, om pas in de Romantiek weer ten volle haar rechten op te eisen.
Pendant les premières années du 17e siècle l’idéal classique s’élabore lentement. L’imitation des Anciens, assez intempérante pendant la Renaissance, va être réglée. On essaie de créer des règles. L’un des grands réformateurs de la langue et (des lois) de la littérature est Malherbe.
Il est vrai que sa poésie “réglée”, à nos yeux, manque d’âme. Elle est impersonnelle, bourrée de lieux communs. Elle est oratoire, un carrefour des procédés d’éloquence. Elle obéit à des règles strictes, visant ainsi une expression précise et claire.
Le thème de ce poème est la fragilité de la vie. L’auteur console son ami, qui vient de perdre sa fille, avec des raisonnements: tout le monde doit mourir, la mort n’écoute pas, elle frappe le pauvre et le riche, le chrétien doit se résigner à la volonté divine.
La forme nous révèle une série d’éléments oratoires, comme l’interrogation oratoire, l’apostrophe (il s’adresse directement à son ami), l’exclamation.
Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille
Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
Et les tristes discours
Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
L’augmenteront toujoursLe malheur de ta fille au tombeau descendue
Par un commun trépas,
Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
Ne se retrouve pas ?Je sais de quels appas son enfance était pleine,
Et n’ai pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
Avecque son mépris.Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L’espace d’un matin.Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
Elle aurait obtenu
D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu’en fût-il advenu?Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
Elle eût eu plus d’accueil ?
Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil ?Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
Ote l’âme du corps,
L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
Et ne suit point les morts…La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
On a beau la prier,
La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
Et nous laisse crier.Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
Est sujet à ses lois ;
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
N’en défend point nos rois.De murmurer contre elle, et perdre patience,
Il est mal à propos ;
Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
Qui nous met en repos.


