DUMAS Alexandre, fils (1824 — 1895)

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Jeunesse dissipée (1824 — 1848).
Alexandre Dumas fils naquit à Paris et grandit dans la mansarde de sa mère, petite ouvrière faubourienne. Son père, alors jeune expéditionnaire de 23 ans, ne put s’occuper de lui que lorsque ses premiers succès dramatiques eurent grossi son maigre budget. Il plaça alors son fils dans une modeste pension. Ses études élémentaires terminées tant bien que mal, Alphonse devint le compagnon de plaisir de son père, et marcha si bien sur ses traces qu’à 20 ans il se trouva obéré d’une dette de 50 000 francs. Devant ce désastre il creuse dans ses souvenirs, lance tout chaud le roman vécu La Dame aux Camélias, le met en drame deux ans après et prend le public d’assaut.

Vie rangée (1848 — 1895).
Ce succès éclatant décide de son avenir. Tandis que le père reste prodigue, le fils se range. Avec une rare énergie il coupe court à sa vie de bohème, paie ses dettes, se constitue une fortune solide, se transmue en gentilhomme, contracte un mariage honorable et prend place à l’Académie (1874). Après la défaite de 1870 il espère en vain le relèvement moral de la France; cette déception jette un voile de mélancolie sur ses dernières années. Il meurt à Marly le Roi près de Paris.

Fond des ouvrages.
Dumas fils tient de son père l’instinct du théâtre; mais l’imagination et l’instruction première lui faisant également défaut, il se contente d’observer et de photographier ce qu’il a sous les yeux. Il est réaliste, et le premier porte sur la scène la vie actuelle dans son cadre normal; il inaugure la comédie de mœurs contemporaine. Mais cet écrivain de drames se double d’un moraliste qui vise au théâtre utile et s’attaque vigoureusement aux abus de son époque dans la comédie à thèse sociale. Il plaide pour le divorce, le relèvement de la femme tombée, etc. Son thème invariable est la femme et l’amour; son but, la réforme de la famille par l’amour vrai dans le mariage. Si sa moralité a été vivement incriminée, c’est que, sous prétexte de prêcher la vertu et de dénoncer le vice, il étale des scandales.

Forme. La facture de Dumas fils est bonne; sa langue est brève et claire, souvent ironique et cinglante.

Dans sa vingtaine de pièces il part de l’observation, passe à la théorie et aboutit au symbole.
Comédies de simple observationLa Dame aux Camélias (1852); une femme déchue se relève par un amour véritable, est délaissée et en meurt. Ecrite en 8 jours (1848), la pièce ne vit la rampe qu’après 3 ans de discussions sur sa moralité. — Diane de Lys (1853): contraste d’un mariage bourgeois prosaïque et d’un mariage d’artiste tragique. — Le Demi Monde (1855), esquisse de la société galante du Second Empire. — Le Père prodigue (1859); un homme faible exploité par une intrigante rapace (pièce morale).

Comédies à thèse sociale. — Le Fils naturel (1858), injustice des hommes et des lois envers l’enfant illégitime (pièce morale). — L’Ami des Femmes (1864); portrait de l’auteur dans son rôle de conseiller des femmes en souffrance ou en péril.

Comédies symboliques, trop abstraites. — La Femme de Claude (1873); conflit éternel des deux sexes. — L’Etrangère; l’inconduite est le grand dissolvant de la famille et de la société.

Dumas fils a écrit en outre une douzaine de romans dans le même ordre d’idées : La Dame aux Camélias (1848), L’Affaire Clemenceau etc.

Schmidt

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