Musset (1810 — 1857)

Alfred_de_MussetJeunesse (1810 — 1833). Alfred de Musset naît, vit et meurt à Paris. Au sortir du Collège Henri IV, où il avait remporté tous les prix, il est déjà en proie à ce mal du siècle, à cet ennui inexorable de vivre qui, sous l’influence de Gœthe, Byron et Chateaubriand, travaille la jeunesse de l’Europe entre 1820 et 1830. Tout en rimant Alfred chercha sa voie, s’essaya au droit, à la médecine, à la peinture, à la musique, et se jeta dans le tourbillon du plaisir. Effrayé du montant de ses dettes, son père le plaça dans les bureaux d’un entrepreneur de chauffage militaire; besogne fastidieuse dont Alfred s’affranchit au bout d’une année en publiant son premier volume de vers sous le titre Contes d’Espagne et d’Italie (1829). D’emblée il conquit la jeunesse des boulevards et des cafés; la critique se partagea, les uns criant au poète de génie, les autres au jeune fou libertin. Le Cénacle romantique ouvrit ses rangs à son benjamin espiègle et choyé. A la mort de son père (1832) Alfred comprit qu’il devait se suffire, et son enrôlement dans la Revue des deux Mondes lui assura le nécessaire.

Apogée littéraire (1833 — 1845). A 23 ans Musset se laissa entraîner par George Sand (de 7 ans son aînée) dans une intrigue, dont l’Italie fut le théâtre. A Venise il faillit succomber à une fièvre ardente, et il rentra à Paris brisé de corps et d’âme. De cette crise il sortit grand poète. La souffrance lui dicta ces admirables cris de douleur qui ont nom Les Nuits, Souvenir, et qui furent suivis de ses exquises comédies d’amour. Malheureusement, s’il devint pour un temps l’idole des salons parisiens, les succès de théâtre se firent attendre. Le public, attentif aux luttes acharnées entre romantiques et classiques, n’avait ni yeux ni oreilles pour un genre dramatique qui ne répondait au programme d’aucun des deux partis.

Décadence prématurée (1845 — 1857). Le poète découragé chercha l’oubli au fond du verre, et à partir de 35 ans déclina rapidement. Quand enfin vint la vogue, quand l’Académie lui ouvrit ses rangs (1852), il était trop tard, l’alcool avait fait son œuvre de destruction, et Musset s’éteignit tristement à 47 ans. Avec (sinon avant) Lamartine, Musset est le grand génie lyrique de la France. Il rappelle Byron par la fougue frémissante et par le mépris de tout frein moral et religieux. Il est le poète de l’amour, amour le plus passionné et le plus poignant. Son émotion est communicative, parce qu’elle est sincère et vibrante. Il a vécu sa poésie, elle est le journal intime de son cœur. Sa double note est l’ivresse du plaisir et la tristesse sans espoir; il aime et jouit, il raille et pleure.

Musset a la pensée ironique, l’image folle et charmante, l’expression vive et heureuse, la langue simple et juste. Son vers est ravissant de grâce juvénile.

Premières Poésies (1829 — l836) . Ballade à la Lune, spirituelle parodie de l’Ecole romantique. — Courts contes en vers à la Byron. — Nouvelles Poésies (1836 — 1852) — Rolla, le Faust français. — Les Nuits au nombre de quatre. — Lettre à Lamartine. — Stances à la Malibran, célèbre actrice qui venait de mourir. — Espoir en Dieu. — Souvenir.

Comédies et Proverbes (1829 — 1851), dont l’unique décor est la fantaisie; l’unique thème, l’amour; l’unique héros, Musset lui-même dans ses différents états d’âme, badin ou grave, railleur ou tendre, blasé ou endiablé. En tête se placent: On ne badine pas avec l’amour, Les Caprices de Marianne, Fantasio, Le Chandelier .

Contes et Nouvelles: Le Fils du Titien qui brise son pinceau après avoir peint celle qu’il aime; La Mouche, trait de bonté de Madame de Pompadour, Mimi Pinson, silhouette de bohème parisienne, Le Merle blanc, conte symbolique.

Un roman: Confession d’un Enfant du Siècle (1836) qui retrace la jeunesse orageuse de l’auteur, surtout
ses relations et sa rupture avec George Sand.

Schmidt

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