Michel de Montaigne

Montaigne
MontaigneFils d’un riche négociant bordelais intéressé par les idées nouvelles, Michel Eyquem – il héritera plus tard du nom de Montaigne –reçoit une éducation inspirée des réflexions humanistes, celle-là même que Montaigne conseillera plus tard. Il devient ensuite magistrat, et est nommé au parlement de Bordeaux en 1557. Une grande amitié le lie alors à Étienne de La Boétie, qui le forme au stoïcisme, et dont la mort en 1563 l’affecte profondément.

Parallèlement, il mène une carrière politique et militaire, défendant les catholiques et le roi pour lequel il joue souvent un rôle d’intermédiaire. Ces fonctions, ainsi que la rencontre avec des Indiens d’Amérique, le conduira à s’interroger sur la notion de civilisation. Même si, après son mariage en 1565 et la mort de son père, il renonce à la magistrature en 1570, pour se retirer dans son château et commencer les Essais, il garde une importante activité politique presque jusqu’à sa mort.

Après la première édition de l’œuvre en 1580, il voyage à l’étranger pour soigner des coliques néphrétiques, et amorce une réflexion sur le problème posé par la diversité des coutumes. À partir de là, il se partage entre la vie publique et la rédaction des Essais, dont la seconde édition date de 1558, jusqu’à sa mort en 1592, il travaille à la troisième édition qui sera posthume (1595).

Les 107 chapitres en trois livres des Essais se veulent tout d’abord une autobiographie, comme l’affirment les premières pages –Je suis moi-même la matière de mon livre–, mais Montaigne y affirme que Tout homme porte la forme entière de l’humaine condition: il évoque donc l’homme en général.

S’il garde de la Renaissance l’amour de la vie, son œuvre montre une évolution sensible: elle est marquée part le scepticisme à une époque où l’on prend conscience de la fragilité des connaissances; cependant Montaigne ne s’enferme pas dans le doute et invite à mettre en pratique un certain art de vivre fondé sur la réflexion, la tolérance et l’acceptation de l’adversité.

Ainsi l’importance de la réflexion est nette en pédagogie, où elle est privilégiée par rapport à l’acquisition de connaissances. La tolérance est sensible dans tous les textes évoquant d’autres civilisations.

L’originalité de l’œuvre est liée également à sa composition, qui suit le cheminement de la pensée. Elle procède par notations successives, qui embrassent toutes les préoccupations humaines.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Michel de Montaigne de Questmachine en français (auteurs)

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