Bernardin de Saint-Pierre

Image

Bernardin de Saint-Pierre était né au Havre. D’un caractère rêveur, inconstant, il mena d’abord une vie aventureuse, cherchant tour à tour des moyens d’existence en Allemagne, en Hollande, en Russie, puis à l’Île de France, où il servit trois ans en qualité d’ingénieur. Au retour de ce dernier voyage, s’étant fixé à Paris, il se lia intimement avec J.-J. Rousseau et se fit le compagnon de ses promenades solitaires. L’immense succès de ses Études de la nature (1784), de son roman Paul et Virginie (1787), le tira enfin de l’indigence.

Les Études de la nature, dont on peut rapprocher les Harmonies de la nature (1796), tiennent plus au genre de Rousseau qu’à celui de Buffon. Bernardin de Saint-Pierre décrit avec sentiment; il s’attache aux faits de détail, s’émeut devant un faible insecte, devant la feuille de fraisier. Philosophe déiste, il s’efforce de justifier la Providence contre les athées, tirant ses preuves des causes finales, c’est-à-dire de l’harmonie et des contrastes qui éclatent dans la création. Moraliste misanthrope, il prétend ramener les hommes au bonheur en les ramenant à la nature, et répète volontiers, après son maître, que tous les maux viennent de la société.

Image

Le roman de Paul et Virginie met dans tout son jour le riche talent de coloriste que Bernardin possède au plus haut degré. Un récit des plus simples, une sorte d’idylle, dont les scènes se déroulent à l’Île de France, en face de cette luxuriante nature des tropiques que l’auteur avait lui-même contemplée: tel est l’ouvrage. Il demeure, sous certains rapports, le chef-d’œuvre du genre. La chaumière indienne, autre roman de Bernardin de Saint-Pierre, est inférieur à celui-ci.

Image

Advertisements