Jean Rotrou (1609-1650)

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Jean Rotrou: poète dramatique français, né en 1609 à Dreux; mort de la peste, dans sa ville natale, à quarante et un ans, le 28 juin 1650. Il débuta avant Corneille et, pour cela, celui-ci l’appelait son père. Cependant, on n’avait eu guère de lui qu’une pièce puérile: L’innocente infidélité. Il ne donna son Venceslas que quatorze ans après la Médée de Corneille, en 1649, après Le Cid, après Cinna, après Polyeucte. Corneille était devenu son maître. Cosroès, Venceslas, Saint-Genest, Laure persécutée, Dom Bertrand de Cabrère sont ses meilleurs ouvrages. Il possédait à un haut degré ce qu’on nomme l’art des situations et l’art plus difficile encore de remuer les passions. Son imagination était forte plutôt que réglée. Il y a, dans toutes ses tragédies, des pensées neuves et grandes, heureusement exprimées, et des sentiments auxquels il ne manque, pour être achevés, qu’une expression plus précise. Son style irrégulier a des tons de noblesse et de force. S’il est vrai de dire qu’il tient encore beaucoup de la rudesse de son temps, s’il partage, quoique à un moindre degré, l’amour de Mairet pour les pointes, il faut avouer qu’il a des coups d’aile qui le portent souvent au niveau de l’auteur du Cid. Jamais il ne fut mieux inspiré, jamais, avec quelque chose de plus libre que Corneille, il ne s’approcha tant de l’idéal que dans le Martyre de Saint-Genest. L’originalité des situations y est mise dans tout son lustre par des vers d’une beauté et d’une nouveauté vraiment singulières.

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