Autobiographie

Biographie d’une personne, écrite par cette personne même ; œuvre littéraire où l’amour-propre de l’auteur se développe sur son propre sujet. Les Mémoires sont aussi des documents d’histoire privée ; mais ils diffèrent de l’autobiographie en ce qu’ils ont un cadre beaucoup plus large, pouvant enfermer bien des considérations étrangères à l’existence du narrateur.

Ici, directement ou sous le voile de l’allégorie, au moyen de confidences avouées ou par les détours du roman, de la poésie, de l’analyse morale, l’écrivain prend une longue attention à se regarder penser, agir, et à porter dans le relief le plus évident sa personne, ses travaux, ses intérêts devant le public, qui n’est pas obligé de le croire sur parole.

Montaigne, en se donnant à lui-même pour argument ou pour sujet d’étude, a inauguré, classiquement, dans la littérature française, ce genre d’écrits, où il eut le mérite de peindre aussi l’homme de tous les temps. Au XVIIe siècle, le moi parut haïssable. Par contre, Rousseau, Byron, Gœthe, Chateaubriand firent école de révélations personnelles. Lamartine passa une bonne partie de ses jours à se décrire sous toutes les formes et dans toutes les attitudes. Alexandre Dumas, Musset, George Sand, Michelet, Sainte-Beuve, Renan, les Goncourt, Alphonse Daudet ont ressenti avec une vivacité particulière cette démangeaison de se raconter de son vivant.

Nulle époque n’aura été plus favorable que la nôtre aux confidences autobiographiques, à ce genre de narrations familières, où les privilégiés de la vogue nous abandonnent, en même temps que le secret de leurs inspirations, tout l’inconnu de leur nature d’hommes et d’artistes, et leurs illusions, et leurs faiblesses.

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