La Fontaine

Jean de La Fontaine (1621-1695)

La Fontaine, né à Château-Thierry en 1621, était assez incertain de la voie qu’il devait suivre, lorsque, à vingt-deux ans, la lecture, faite en sa présence, d’une ode de Malherbe, lui apprit qu’il était poète. Ses premiers essais l’annoncèrent, en effet, comme tel; mais, resserrée dans la province où il habitait, sa réputation fut assez lente à se répandre: il touchait à sa quarantième année lorsqu’il vint à Paris, où il rencontra un protecteur dans le surintendant Fouquet. La reconnaissance qu’il voua à ce ministre déchu, les beaux vers par lesquels il plaignit et s’efforça d’adoucir son malheur, éloignèrent de La Fontaine l’esprit de Louis XIV, qui ne lui accorda jamais aucune faveur. Il trouva, du reste, à défaut de l’appui du prince, des amitiés dévouées, qui, en écartant de sa personne les besoins et les embarras vulgaires de la vie, lui permirent de se livrer tout entier à son goût pour les vers. Le surnom de Bonhomme, que lui a conservé la postérité, atteste quels étaient la simplicité de son caractère et son détachement des affaires et des intérêts mondains. Il ne commença qu’en 1668 à faire paraître ses inimitables Fables. On a dit qu’un merveilleux instinct les lui dictait; mais il ne faut pas croire qu’il atteignit sans beaucoup de travail la perfection où il s’est élevé. De là ces distractions et ces rêveries, ou plutôt ces méditations profondes, dont se sont amusés les contemporains de La Fontaine. On a prétendu encore que ceux-ci n’avaient pas compris tout ce qu’il y a de rare et d’exquis dans ses talents. Néanmoins, une circonstance particulière qui semble indiquer le contraire, c’est qu’il fut reçu membre de l’Académie française avant Boileau (1684). Ce qui est certain, c’est qu’on s’accorde à admirer présentement en lui, pour la pensée et pour la langue, le plus original et le plus parfait des modèles.

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