François Villon

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François Villon

François Moncorbier (1431-1484?) emprunta son nom de Villon à un de ses protecteurs, Guillaume de Villon. Son origine et sa vie sont obscures. Espiègle, tapageur, libertin, larron, il passa sa vie entre le cabaret, la prison, la faim et la potence, et n’échappa au gibet que par la faveur de Louis XI, qu’il avait appelé « bon roi »; cependant il fut toujours gai, toujours railleur, toujours spirituel. Ses œuvres ne ressemblent en rien à celles de ses prédécesseurs, et elles rentreraient difficilement dans aucune classification. Il a de l’originalité dans les idées comme dans le style, sans rien de convenu ni d’apprêté; indépendant et naturel, il est tout entier dans ses vers et ne chante rien d’étranger à lui-même; il nous raconte sa vie, ses idées, ses émotions personnelles; il dit sa misère comme sa joie, dans un langage qui est l’image fidèle de sa pensée et de ses sentiments. Villon est un homme de mauvaise compagnie, un poète de bas étage, mais il est énergique et sincère; il a une profonde sensibilité, une vive imagination, de l’âme et de l’esprit; et par ces qualités il laisse loin derrière lui tous les poètes de son temps. On ne peut l’absoudre de ses écarts, mais on peut le plaindre; sa nature voulait une autre condition: gâté par les « franches repues » des riches qu’il amusait, il ne savait endurer la faim; la misère le perdit. Dans son Petit Testament, il fait une énumération bouffonne des legs qu’il donne à ses amis et à ses ennemis. Dans le Grand Testament, son œuvre la plus sérieuse, il introduit sans ordre et au hasard de sa fantaisie des réflexions personnelles sur toutes sortes de sujets: sur la vie humaine dont il a vu le néant; sur la fuite des jours dont il a mesuré l’effrayante rapidité; sur la mort, sur les hontes et les misères de sa propre vie, sur sa jeunesse perdue et son avenir à jamais gâté.

Bien sçay se j’eusse estudié
Ou temps de ma jeunesse folle,
Et à bonnes meurs dédié,
J’eusse maison et couche molle!
Mais quoi? Je fuyoye l’escolle,
Comme faict le mauvays enfant …
En escrivant cette parole,
A peu que le cueur ne me fend.

Triste ou gai, sévère ou railleur, quelque accent qu’il prenne, et quelque sentiment qu’il exprime, il est toujours grand poète par la profondeur et la sincérité du sentiment, par la vigueur et la précision du style. Villon a imaginé la poésie moderne, en trouvant la poésie des sujets simples.

Il se fit durant cette période beaucoup de poésie religieuse et morale: la vanité de la vie est le thème favori, et il trouve sa plus forte expression dans la peinture de la Danse Macabre placée au cimetière des Innocents, à Paris, en 1424. Cette curieuse fresque qui représentait des squelettes entraînant dans la danse des personnes de toutes conditions et de tout âge, était accompagnée de strophes alternant entre la Mort et ses victimes. Le succès en fut très grand, et elle fut imitée dans l’art et dans la poésie.

d’après:

François Villon

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