Henri IV et Marie de Médicis

Henri IV et Marie de Médicis

Le roi de Navarre était reconnu roi de France, et les Bourbons avaient remplacé les Valois. Pour consolider ce règne, les conseillers d’Henri IV pensèrent à le remarier. Cependant, le bon roi était perplexe.

« Nous allons vous marier, Sire, » lui dit un jour Sully. Henri se promena un quart d’heure, rêvant, se grattant la tête et se curant les ongles sans rien répondre.

« Eh bien, soit, puisque pour le bien de mon royaume et de mes peuples, vous dites qu’il faut être marié, il le faut. »

Le choix du roi tomba sur Marie de Médicis, qui fit de Saint-Germain-en-Laye sa demeure favorite. La reine poussa son royal époux à ne point encourager seulement comme le voulait Sully, les industries de première nécessité: le labourage et le pâturage, mais, elle lui fit comprendre qu’il fallait de même restaurer les industries qui procurent le luxe aux riches. On fit venir des vers à soie, on planta des mûriers, on établit des magnaneries; on fonda des manufactures de drap d’or et d’argent, et d’étoffes de soie à Paris, à Tours, à Lyon, à Nîmes. Le verre, le cristal, les glaces, les tapisseries de haute lisse, les tapis du Levant, les dentelles, les toiles fines furent travaillés comme la soie.

Henri IV avait de vastes desseins politiques. Il voulait partager l’Europe selon la loi historique des nations. Il y aurait eu ainsi six royaumes héréditaires: La France, l’Espagne, l’Angleterre, la Suède, le Danemark et La Lombardie; cinq royaumes électifs: La Pologne, la Hongrie, la Bohème, l’Empire d’Allemagne, les Etats de l’Eglise; quatre républiques : Venise, Gènes unie à Florence, la Suisse, les Pays-Bas. Un Conseil suprême de députés de chaque état devait veiller à ce que la paix ne fût point rompue.

Le bon roi, bien qu’il fût aimé du peuple, avait des ennemis. On conspirait contre lui. En 1610, au moment de faire couronner la reine Marie de Médicis, il pressentit sa mort prochaine, et dit à ceux qui l’entouraient:

« Vous ne le croyez pas, mais je mourrai un de ces jours, et quand je ne serai plus, vous saurez ce que je valais. »

Le 17e siècle

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