Pléonasme


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Pléonasme (du grec pleonasmos, surabondance).

Le pléonasme est le contraire de l’ellipse; il emploie des mots qui seraient inutiles pour le sens et que la grammaire rejetterait, mais qui donnent plus d’élégance ou plus de force à l’expression de la pensée ou du sentiment.

Molière s’en est servi dans cette phrase pour produire un effet comique:

Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu,
Ce qu’on appelle vu.

Voici d’autres exemples qui montrent les effets qu’on peut tirer de l’emploi de cette figure:

Et que m‘a fait, à moi, cette Troie où je cours?
Racine, Iphigénie.

Que le courroux du ciel allumé par mes vœux
Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux!
Puissé-je de mes yeux y voir tomber la foudre!
Corneille, Horace.

Dormez votre sommeil, grands de la terre.
Bossuet

Le pléonasme qui n’ajoute aucune grâce, aucune énergie à la phrase, doit être évité, comme dans ces vers de Corneille:

Trois sceptres à son trône attachés par mon bras,
Parleront au lieu d’elle, et ne se tairont pas;

et dans ces locutions: monter en haut, descendre en bas, car en effet, etc.

Littérature

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