Frédéric Mistral

Les Français du midi de la France se sont souvenus du glorieux passé de la langue provençale, et ont réhabilité, comme langue littéraire, ce parler si populaire dans les provinces de Provence, de Languedoc. Les admirateurs et les rénovateurs de la poésie des troubadours s’intitulèrent des Félibres. Avignon devint le foyer de leur mouvement. C’était la patrie d’Aubanel, et non loin de là, à Maillanne, naquit Frédéric Mistral, qui par Mireille mérita d’être placé parmi les poètes les plus élevés.

Le grand poète était né en 1830 dans cette ville (Bouches-du-Rhône), d’une vieille famille provençale, auprès de laquelle il avait puisé un ardent amour de sa patrie. Il eut l’heureuse fortune d’avoir pour professeur dans un collège d’Avignon, Joseph Roumanille, qui s’intéressait vivement à la littérature provençale. Une étroite amitié unit bientôt l’élève et le maître, qui n’était plus âgé que lui que de quelques années, et ce fut l’influence de Roumanille qui conduisit Mistral à entreprendre la restauration de cette littérature après avoir remis en honneur la langue provençale, qui n’était plus guère parlée que dans le peuple.

Ce fut en 1854 que Roumauille, Mistral et cinq de leurs amis, réunis au château de Fontsègugne, près d’Avignon, jetèrent les bases du félibrige, qui devait avoir une fortune si extraordinaire et créer non seulement en Provence, mais encore dans la France entière un immense mouvement régionaliste.

Mistral s’était déjà fait connaître par quelques poésies provençales publiées dans l’Armana prouvençau, quand, en 1859, il publia son premier grand poème, Mireio, dédié à Lamartine, qui lui consacra un de ses Entretiens littéraires. Le lendemain, le nom de Mistral était célèbre et la France entière savait qu’un grand poète lui était né.

Depuis lors, Mistral a publié toujours en provençal – quoiqu’il écrive une langue française admirable — Calendau (1867), Lis Isclo d’or (1875), Nerto (1884), Lou Poême dou Rose (1897), un drame, La Reino Jano (1890), Lis Oulivado (1912), etc. Enfin, il a donné en français un grand dictionnaire franco-provençal, Le Trésor du Félibrige.

Mistral jouissait dans tout le Midi d’une popularité sans exemple, dont on vit la preuve quand, en 1909, en sa présence, fut inaugurée la statue que ses admirateurs lui avaient élevée sur une place publique d’Arles.

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