Clément Marot – Les deux Richesses

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Clément Marot (1496-1544)

Clément Marot est le seul poète original de la première moitié du XVIe siècle. Sans être un novateur, il s’élève bien au-dessus de ses contemporains par la facilité, le naturel, la grâce et la délicatesse de ses meilleures poésies. Il excelle dans l’épigramme, le rondeau, le madrigal, et surtout les épîtres badines. Deux fois emprisonné comme protestant, il dut enfin chercher un asile à Genève, puis à Turin où il mourut. C’est Clément Marot qui marque la transition entre le moyen âge et la Renaissance.

Les deux Richesses

Riche ne suis, certes, je le confesse,
Bien né pourtant, et nourri* noblement:
Mais je suis lu du peuple et gentillesse*
Par tout le monde, et dit-on: « C’est Clément. »
Maints vivront peu, moi éternellement.
Et toi tu as prés, fontaines et puits,
Bois, champs, châteaux, rentes et gros appuis.
C’est de nous deux la différence et l’être.
Mais tu ne peux être ce que je suis:
Ce que tu es, un chacun le peut être.

Clément Marot

* nourri: élevé
* gentillesse: noblesse

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Clément Marot