Le fabuliste expliqué – La cigale et la fourmi

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Le fabuliste expliqué – La cigale et la fourmi

La cigale ayant passé le temps de la moisson à chanter, n’avait amassé aucune provision pour l’hiver qui faisait sentir ses rigueurs.

Elle manquait de tout. Poursuivie par la faim, elle alla chez sa voisine, la fourmi, lui exposer sa misère, en la priant de lui prêter de quoi vivre jusqu’au retour de la belle saison. Je vous rendrai avant la moisson nouvelle; comptez sur ma parole, je vous rendrai ce que vous m’aurez prêté avec quelque chose en sus pour votre peine.

La fourmi n’aime pas à prêter; car la seule chose qu’on lui reproche, c’est de n’aimer que soi. Aussi se contente-t-elle de demander à son importune voisine à quoi elle s’occupait quand tout le monde faisait moisson. Ah! il ne faut pas que cela vous fâche, lui répond la cigale: je chantais jour et nuit; je me plaisais à charmer les oreilles des passants.

Ah! ah! vous vous amusiez continuellement à des chansons au lieu de récolter! C’est, on ne peut mieux. Hé bien, ma chère, je vous déclare aujourd’hui que je ne donne ni ne prête rien.

Moralité

Employez bien le temps de votre jeunesse; ne comptez pas sur les autres quand vous serez vieux.

La Fontaine