Le fabuliste expliqué – Le corbeau et le renard

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Le fabuliste expliqué – Le corbeau et le renard

Un corbeau était fièrement perché sur un arbre, en tenant dans son bec un fromage qu’il avait enlevé.

Un renard, autre fripon, attiré par l’odeur et l’appétit, lui parla, je crois, de la sorte:

Ah! monseigneur corbeau, j’ai l’honneur de vous offrir toutes mes félicitations. Quel bonheur de vous rencontrer! Quel plaisir de vous voir! Est-il au monde une plus jolie créature? En vérité, si la beauté de votre voix égale l’éclat de vos plumes, vous êtes le plus rare des oiseaux qui habitent ces contrées.

Tout joyeux d’un pareil compliment, notre corbeau veut faire l’habile chanteur. Il ouvre le bec jusqu’aux oreilles. Adieu le fromage!

Le renard attendait ce coup de fortune; et se jetant sur ce riche butin, lui dit: Mon cher maître, sachez qu’il en coûte toujours d’écouter un flatteur. Vous me payez avec un fromage! Vous le voyez, j’enseigne à bon marché.

Le corbeau, triste et affligé de cette mauvaise plaisanterie, reconnut sa sottise; mais il était trop tard.

Moralité

La flatterie est une manière adroite de nous prendre par la vanité. La vanité! cette funeste admiration de nous-mêmes. Soyez donc modestes, ou vous vous repentiriez, comme le corbeau, si vous montriez trop d’ardeur à être flattés.

La Fontaine

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