Un coucher de soleil

Un coucher de soleil

Le soleil tomba derrière le rideau d’arbres de la plaine; à mesure qu’il descendait, les mouvements d’ombre et de lumière répandaient quelque chose de magique sur le tableau; là, un rayon se glissait à travers le dôme d’une futaie et brillait comme une escarboucle dans le feuillage sombre; ici, la lumière divergeait entre les troncs et les branches et projetait sur les gazons des colonnes croissantes et des treillages mobiles; dans les cieux, c’étaient des nuages de toutes les couleurs; les uns, fixes, imitant d’énormes promontoires ou de vieilles tours au-dessus d’un torrent, les autres flottant en fumée de rose ou en flocons de soie blanche. Un moment suffisait pour changer la scène aérienne; on voyait alors des gueules de four enflammées, de grands tas de braise, des rivières de lave, des paysages ardents; tout était enveloppé, pénétré, saturé de lumière.

Chateaubriand

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Chateaubriand