Blaise Pascal

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Blaise Pascal (1623-1662)

Blaise Pascal (né à Clermont-Ferrand) est un des génies les plus extraordinaires qui aient existé. Il fut grand mathématicien, grand physicien, non moins que penseur profond et écrivain de premier ordre.

Sa précocité fut merveilleuse. A l’âge de dix ans, n’étant encore qu’un enfant, il inventa la géométrie que son père ne voulait pas lui laisser apprendre. Âgé de dix-huit ans seulement, il composa sur les mathématiques supérieures un traité qui fit l’admiration de tous les savants. Puis, dans des expériences exécutées à la tour Saint-Jacques à Paris, il fit la belle découverte de la pesanteur de l’air. Ce fut lui qui donna les premiers principes du calcul des prohabilités. Il inventa des machines très simples, la brouette, le baquet, et des machines plus compliquées, la machine arithmétique.

Comme écrivain et comme philosophe, il ne fut pas moins remarquable que comme physicien. Dans ses Lettres provinciales, il attaqua vigoureusement les jésuites; dans ses Pensées, où se trouvent tant de belles idées exprimées en un magnifique langage, il essaya de réconcilier la raison avec la foi.

Un accident, dans lequel il faillit périr, lui causa une extrême frayeur et ébranla sa raison. Il mourut peu de temps après, âgé de trente-neuf ans.

Grandeur de l’Univers

La première chose qui s’offre a l’homme quand il regarde, c’est son corps, c’est-à-dire une certaine portion de matière qui lui est propre. Mais, pour comprendre ce qu’elle est, il faut qu’il la compare avec tout ce qui est au-dessus de lui et tout ce qui est au-dessous, afin de reconnaître ses justes bornes.

Qu’il ne s’arrête donc pas à regarder seulement les objets qui l’environnent. Qu’il contemple la nature entière dans sa haute et pleine majesté! Qu’il considère cette éclatante lumière, unie comme une lampe éternelle pour éclairer l’univers. Que la terre lui paraisse comme un point au prix du vaste tour qu’elle décrit. Et qu’il s’étonne de ce que ce vaste tour lui-même n’est qu’un point très délicat, à l’égard de celui que les astres, qui roulent dans le firmament, embrassent. Mais, si notre vue s’arrête là, que l’imagination passe outre: elle se lassera plutôt de concevoir que la nature de fournir.

Tout ce que nous voyons du monde n’est qu’un trait imperceptible dans l’ample sein de la nature. Nulle idée n’approche de l’étendue de ses oeuvres. Nous avons beau enfler nos conceptions, nous n’enfantons que des atomes au prix de la réalité des choses. C’est une sphère infinie, dont le centre est partout, et la circonférence nulle part.

Blaise Pascal

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