Le 17e siècle – Caractères généraux

Image

Le 17e siècle – Caractères généraux

1° Littérature disciplinée.

Le XVIIe siècle est, en politique, l’époque où la France, lasse des troubles civils, s’éprend d’ordre et d’unité et se plie unanimement à la discipline de la monarchie absolue. Ce même besoin d’ordre, d’unité, de discipline se marque bientôt dans la langue et dans la littérature: elles sont l’une et l’autre de plus en plus nettes et de mieux en mieux réglées. Malherbe, les nombreux salons mondains, dont le plus fameux est l’Hôtel de Rambouillet, l’Académie française fondée en 1635, de sévères grammairiens tels que Vaugelas sont les principaux artisans de cette transformation.

Désormais les auteurs devront se soucier d’écrire en une langue pure; ils devront aussi composer leurs ouvrages selon « le bon goût » et selon les règles rigoureuses dont Boileau a formulé les plus importantes dans son Art Poétique. Ainsi pour écrire une pièce de théâtre on sera obligé de se conformer aux règles édictées, affirme-t-on, par un philosophe de l’antiquité, Aristote. Sans doute une telle réglementation était-elle souvent trop étroite: c’est grâce à elle pourtant, du moins en partie, que les écrivains du XVIIe siècle ont produit des œuvres si fortes et si clairement ordonnées.

2° Littérature mondaine: les genres.

La plupart des écrivains forment leur talent à la cour ou dans les salons, au contact des grands seigneurs et des grandes dames, parmi les conversations élégantes et spirituelles. Ce monde de la noblesse, brillant et distingué, comptait seul alors, le peuple demeurant dans une complète ignorance. Les auteurs écrivent donc pour une société d’élite, peu nombreuse; c’est à elle qu’ils cherchent à plaire. Aussi les genres les plus en honneur sont-ils des genres susceptibles de favoriser ou d’orner la vie mondaine. Le théâtre, genre éminemment mondain, produit les œuvres les plus belles de ce siècle: Corneille et Racine ont laissé, dans la tragédie, d’immortels chefs-d’œuvre; la comédie doit au génie de Molière un incomparable éclat. L’éloquence religieuse représentée par Bourdaloue, Massillon, Fénelon, s’exprime en toute perfection par la puissante parole de Bossuet. La littérature épistolaire s’élève à la hauteur d’un genre littéraire dans la correspondance exquise de Mme de Sévigné. La vogue momentanée des maximes et des portraits au sein de la société polie a porté La Rochefoucauld à écrire les Maximes et La Bruyère à composer les Caractères. Enfin La Fontaine lui-même, en dépit de son humeur indépendante, a l’incessante préoccupation de plaire à ce public de choix.

3° Littérature impersonnelle: la peinture de l’homme moral.

Tous ces écrivains, auxquels il faut joindre les grands philosophes Descartes, l’auteur du Discours de la Méthode, et Pascal, l’auteur des Pensées, évitent, afin de rester véritablement humains, d’être personnels, d’exprimer leurs goûts et leurs sentiments intimes. Ils obéissent par là à une tendance de toute l’époque: on accorde alors une place souveraine, dans la vie comme dans la littérature, à la raison, à laquelle les sentiments doivent être subordonnés. On s’attache à l’étude et à la représentation de faits généraux, impersonnels, et plus particulièrement de l’homme en sa vie morale.

De là vient l’intérêt profond et durable des œuvres du XVIIe siècle: nous y trouvons la peinture éternellement vraie comme éternellement vivante des travers, des passions et des caractères.

Source

Le siècle classique