La Gaule avant César – Attaque d’un réseau de haies défensives

La Gaule avant César – Attaque d’un réseau de haies défensives

Un autre usage ancestral des Gaulois était la protection de certains territoires au moyen de haies épineuses d’une facture particulière, dont le rôle était analogue à celui de nos « barbelés » modernes. Il est possible que ce procédé de fortification n’ait existé que chez quelques peuples. Il était fort développé chez les Nerviens. Ceux-ci, dit César, n’ayant jamais excellé par la cavalerie, contrairement aux Gaulois en général, avaient à se prémunir contre les razzias exécutées par la cavalerie de voisins pillards. Ils ébranchaient et courbaient de jeunes arbres de manière à constituer une sorte d’espalier, pour servir de support et d’armature aux ronces et aux arbustes épineux qu’ils faisaient pousser aussi abondamment que possible. Ces haies sauvages formaient des lignes multiples et même des réseaux entiers; elles n’arrêtaient pas seulement les attaques par surprise, mais même les regards indiscrets d’éclaireurs ennemis. César avoue qu’elles l’ont fortement gêné au cours de la fameuse bataille contre Boduognat.

Contre un dispositif aussi efficace, les moyens d’attaque étaient restreints. L’ennemi pouvait tenter d’infliger des pertes aux défenseurs par le jet de pierres et par un tir exécuté à l’aveuglette; l’incendie était le moyen le plus efficace, mais difficile à réaliser avec du bois vert; enfin on pouvait essayer de franchir la redoutable barrière sur des fascines ou des échelles. Mais, quelle que fût l’issue du combat, l’effet de surprise était exclu.

La Gaule