Le roman au 18e siècle – Wieland, Laclos, Restif de la Bretonne

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Wieland, Laclos, Restif de la Bretonne

Le roman français et anglais était fort en avance sur ses émules des autres nations; on ne trouve de romans originaux offrant quelque intérêt qu’après 1745 en Allemagne, après 1780 dans d’autres pays, après 1800 dans quelques-uns; l’Italie et l’Espagne étaient restées très en retard à cet égard. On lisait, on traduisait, on imitait les romans français ou anglais; les œuvres plus personnelles s’alourdissaient de tendances didactiques, surtout moralisantes.

Les romans de Wieland, dont Agathon (1767) est resté le plus intéressant, sont de gracieuses évocations de mœurs antiques ou chevaleresques, où se rencontrent l’intuition psychologique, le souci des problèmes moraux et une tendresse sensuelle.

Parmi les nombreux romanciers ou conteurs qui peignirent avec complaisance les mœurs dissolues d’une certaine partie de la haute société française, Laclos (1741-1803) occupe le premier rang par Les Liaisons dangereuses (1782), roman par lettres. Il prend à Clarisse bien des détails; il déploie dans l’évocation d’âmes cyniquement perverses une finesse d’analyse, un art et un style tout classiques.

Restif de la Bretonne (1734-1806), ouvrier typographe, bizarre maniaque qui poussait la franchise jusqu’au cynisme, bâcla deux cents volumes: romans à intentions moralisantes (Le Paysan perverti, 1776, etc.), mémoires (La Vie de mon père, Monsieur Nicolas, 1778, 1797), où se rencontre un réalisme cru, bien rare à cette époque; ses livres jaillissent de son expérience de la vie des pauvres gens, non sans déclamation parfois; son style est faible.

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Le roman au 18e siècle

Choderlos de Laclos

Restif de la Bretonne