Les romans héroïques-galants

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Les romans héroïques-galants

Après l’Astrée, on revint en France aux romans d’aventures héroïques et amoureuses, mais attribuées à des personnages plus ou moins historiques. De ces nombreux et interminables romans pseudo-historiques, les plus célèbres furent ceux de La Calprenède (1610-1663), dont la Cléopâtre a popularisé le fier Artaban; de Georges (1601-1667) et sa sœur Madeleine (1607-1701) de Scudéry: Ibrahim ou l’illustre Bassa, Le grand Cyrus, Clélie, qu’ornait la fameuse Carte du Tendre. Ces romans parurent de 1618 à 1656; ils comptent chacun dix ou douze volumes; ils regorgent de grands coups d’épée, d’aventures et de sorcellerie, de dévouements sublimes, de tendres sentiments; ils sont bourrés de longues discussions morales ou sentimentales, de portraits où l’on reconnaissait les personnes les plus distinguées de la société parisienne. Ainsi le roman chevaleresque, sans renoncer au merveilleux et au surhumain, glissait en France vers cette analyse du cœur où devait exceller l’esprit classique.

On traduisit ces romans héroïques-galants en Angleterre, où ils furent goûtés jusqu’au milieu du siècle suivant; en Allemagne où on les imita: Daniel Casper von Lohenstein (1635-1683) s’acquit de la gloire par son Arminius et Thusnelda (1690), dont le sujet germanique est développé en trois mille pages in-quarto.

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La Calprenède

L’Hôtel de Rambouillet