Walter Scott et le roman historique

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Walter Scott et le roman historique

Inventer une action qu’on place dans le passé, lui donner pour cadre les faits, les mœurs et le costume d’une époque, mêler aux héros fictifs des figures réelles, offrir ainsi le double intérêt de l’histoire et de la fiction, tels sont le procédé et le but du roman historique. Des essais très imparfaits en avaient été tentés depuis le XVIIe siècle; mais il ne date en réalité que du XIXe; c’est une des créations du romantisme.

Walter Scott (1771-1832), né à Édimbourg, s’intéressa très jeune aux antiquités écossaises, parcourut son pays en tous sens, et subit aussi l’influence allemande. Ses poèmes étaient une première forme du roman historique qu’il méditait. Il inaugura avec succès par Waverley (1814) cette série de trente et un romans qu’il poursuivit jusqu’à sa mort. Il continue à peindre l’Écosse du XVIIIe siècle (Guy Mannering, L’Antiquaire, Rob Roy, etc.), puis passe en Angleterre, remonte à des siècles plus reculés, aborde même le continent (Ivanhoe, Kenilworth, Quentin Durward, etc.). Les intrigues romanesques, l’originalité caricaturale de certaines figures, les héros et les héroïnes idéalisés ou poussés au noir, l’étrangeté ou l’éclat du décor, les paysages pittoresques enchantèrent les générations romantiques; mais l’auteur se montrait réaliste par la précision du détail, par une foule de personnages populaires bien observés dans leur vie quotidienne. Malgré leur valeur historique inégale et leur psychologie sommaire, une action captivante, des sentiments généreux, un dialogue naturel et amusant ont attiré à ces romans un succès universel; leur influence, une des plus étendues et des plus précises, a beaucoup fait pour répandre aussi au théâtre et dans l’histoire le goût de la couleur historique et locale.

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Le roman au 19e siècle – Europe