Stendhal

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Stendhal

Vers 1830 les romanciers français prennent la première place, qu’ils partageront plus tard avec les Anglais et les Russes. En même temps que George Sand, Stendhal, Mérimée et Balzac entrent dans la carrière.

Stendhal (Beyle, 1783-1842) fit plusieurs des campagnes de Napoléon, fut amoureux en bien des lieux, habita longtemps l’Italie dont il aimait avec partialité le génie et les mœurs. Resté intellectuellement du XVIIIe siècle, il ne prit part à la querelle romantique que par Racine et Shakespeare (1823, 1825), qui attaquait la tragédie classique et réclamait un drame historique libre et en prose; mais il est romantique par son goût pour la violence, pour l’étrange, pour le romanesque.

L’Essai sur l’amour (1822), analyse minutieuse de ce sentiment, a lancé pour l’expliquer le mot de cristallisation. Son premier roman, Armance (1827), qui passa inaperçu, a été remis en honneur; Lamiel, Lucien Leuwen, Henri Brulard, autobiographie romancée, ne furent publiés complètement que depuis 1889.

Ses nouvelles ou Chroniques italiennes (1837-1839) et surtout Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme (1830, 1839) ont fait sa gloire; gloire tardive, puisqu’il ne fut célèbre, comme il l’avait prédit, que « vers 1880 ». On y trouve le culte de l’énergie pour elle-même; le goût de la passion sincère, non frelatée par les convenances mondaines; une analyse minutieuse des nuances les plus fugitives des sentiments, qui fait de lui un des plus profonds connaisseurs de l’âme; des tableaux de mœurs très étudiés; un style froid, impersonnel, qui ne veut qu’être exact.

Écrivant sans cesse sur lui-même, il a laissé quantité de journaux inédits, où son égotisme s’analyse à plaisir. Redécouvert par les lettrés, sa psychologie pénétrante lui a donné beaucoup d’admirateurs; le beylisme est une philosophie de la vie qui a ses partisans; et Stendhal a été de plus en plus apprécié par la jeunesse.

Stendhal

Le roman au 19e siècle – Europe – Amérique