L’époque victorienne – Dickens

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Vers 1835 commence une nouvelle et brillante floraison du roman anglais, très indépendant de toute influence étrangère, mais qui a eu beaucoup d’action sur les romanciers du continent; presque toujours réaliste, humoristique et sentimental à la fois; limité dans la peinture de l’amour par les convenances régnantes, mais souvent incomparable pour représenter l’intérieur des familles.

Charles Dickens (1812-1870) grandit à Londres parmi de pauvres gens, et dut dès l’enfance gagner son pain. Il connut en 1836 le succès foudroyant avec les Papiers du Pickwick Club. Sa gloire s’affermit et devint universelle avec les quatorze romans qui suivirent jusqu’à 1870; les meilleurs sont Oliver Twist, Nicholas Nickleby, Martin Chuzzlewit, David Copperfield, son chef-d’œuvre, où revivaient bien des souvenirs de sa vie (1838-1850); il faut y joindre ses charmants Contes de Noël (1843-1846).

Ses plans sont décousus, son action languit, son imagination visionnaire lui tient souvent lieu d’observation; son pathétique même est un peu appuyé; mais son œuvre respire la puissance et la vie. Son humour est excellent, son comique est naturel; c’est un excellent peintre de la vie mesquine et pénible des gagne-petit; nul romancier n’a créé plus de figures inoubliables, grotesques, odieuses ou touchantes. Son réalisme est humain, sympathique; il aime les pauvres, les simples, les enfants; nul n’a contribué plus que lui à faire entrer l’enfant dans la littérature, grande conquête du XIXe siècle; il a, l’un des premiers en Europe, employé le roman à dénoncer les abus, les routines funestes, les scandales, dans la famille, l’éducation, la justice. Dans le monde entier, il a fait rire, pleurer et frissonner jeunes et vieux, âmes simples et esprits d’élite; il a particulièrement été apprécié en Allemagne, où il a influencé les meilleurs romanciers du siècle.

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Le roman au 19e siècle – Europe – Amérique