Froissart

Froissart, né à Valenciennes vers 1335 et mort aux environs de l’année 1410, n’est plus, comme ses deux célèbres devanciers Villehardouin et Joinville, un chevalier qui raconte les exploits de ses compagnons d’armes et les siens. Poète et courtisan, toujours en quête de plaisirs nouveaux, de festins, de chasses et de tournois, il composa en lettré ses Chroniques de France, d’Angleterre, d’Écosse, d’Espagne, de Bretagne, de Gascogne, Flandre et lieux d’alentour.

Il avait beaucoup vu, au cours de ses nombreux voyages; il s’était fait conter par les combattants eux-mêmes les terribles batailles de Crécy et de Poitiers, le siège de Calais, les exploits de Duguesclin; et il a pu faire ainsi l’histoire de ce XIVe siècle où de si grands événements se sont accomplis. Mais comme il songeait surtout à charmer les rois et les princes qui lui donnaient tour à tour l’hospitalité, Froissart ne s’est jamais astreint à composer méthodiquement ses récits. La suite chronologique des faits n’avait pas d’importance à ses yeux; il ne se croyait pas obligé de tout dire, et il célébrait avec une égale indifférence les exploits de ses compatriotes et ceux des ennemis.

Mais le talent du narrateur est si grand que l’on oublie l’homme et ses défauts; rien n’égale en vivacité des récits comme la prise de Calais, le dévouement d’Eustache de Saint-Pierre et cent autres du même genre; les Chroniques de Froissart sont le chef-d’œuvre de la prose française du XIVe siècle.

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