Le théâtre français – Renaissance

un théâtre au 16e siècle

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En 1552, Jodelle donne sa comédie, Eugène, et sa tragédie, Cléopâtre. Une nouvelle formule de théâtre va s’élaborer.

Cette formule, préparée par les érudits, par des pièces traduites de l’Antiquité, par le Plutus de Ronsard, premier essai dramatique non conforme à la poétique du moyen-âge (1549), porte surtout sur la tragédie. On y veut respecter les règles découvertes et commentées par l’humanisme ; et pendant trente ans l’influence de Jodelle se fera sentir. Malgré des essais de réconciliation entre le mystère et la tragédie, c’est la tragédie qui l’emportera. Néanmoins la réforme hésite (Montchrétien, Pierre Larivey) jusqu’au seuil du XVIIe siècle où, avec Alexandre Hardy qui refond le moule de ses prédécesseurs, le théâtre moderne, en son essence, voit luire enfin une aurore digne de son importance, mais où le peuple n’allait plus avoir sa part.

Quant à la comédie, malgré l’apparente rupture, il y aura continuation de l’esprit gaulois, et Clédat a pu écrire que Molière était le descendant direct de l’auteur de Pathelin. Entre ces deux noms, il faut placer Jodelle et son Eugène, Grévin, Rémy Belleau, Larivey, Odet de Turnèbe, etc, auteurs de pièces qui tiennent beaucoup de la farce et auxquelles s’ajoutent des tragi-comédies comme la Bradamante de Garnier, des drames irréguliers comme la bizarre Peste de la Peste de Du Monin, des Pastorales (Théophile de Viau et Racan y brilleront bientôt) et enfin l’effort du grand Corneille, créant la bonne comédie avec Mélite, La Place Royale, La Veuve, L’Illusion comique et surtout un peu plus tard, Le Menteur.

Entre Corneille et Molière : Rotrou, Saint-Sorlin, Scarron (créateur du Jodelet et du don Japhet, deux types restés célèbres), Thomas Corneille (L’Amour à la Mode, La Devineresse). Vers 1660 un génie enfin se leva: Molière.

Revenons à la tragédie. Dégagée des chœurs, des monologues, de la rhétorique, du «senequisme» – grâce au fécond Hardy, elle s’élance vers la beauté classique. L’unité d’action, la seule qui compte, est observée enfin, la psychologie serrée de plus près, la tenue littéraire voulue. Vers 1630, quand mourut ce génie trop longtemps méconnu, qui écrivait vite et mal, mais regénérait toute une littérature par le fond, le théâtre classique pouvait naître.

Par Théophile de Viau et Racan, par Desmarets de Saint-Sorlin et Jean de Schelandre, par Jean de Mairet surtout, dont la Silvanire est la dernière pastorale (1629), et Sophonisbe (1634) la première tragédie régulière, nous arrivons à la date fameuse: 1636, où éclate le Cid.

Source

Le théâtre au 16e siècle

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