Le moulin qui ne veut plus tourner

Le moulin qui ne veut plus tourner

Une pauvre veuve avait péniblement glané, sur les terres des grandes fermes voisines, les épis de blé échappés aux mains des moissonneurs.

Elle porta au moulin le petit sac de grain qui lui avait coûté tant de peines. Mais le meunier refusa de moudre ce blé et il chassa méchamment la vieille femme.

Tandis qu’elle s’éloignait en pleurant, le meunier, furieux, jetait à pleines poignées, le grain à tous les vents.

Mais voilà que, tout à coup, en haut de son petit tertre vert, le moulin s’arrête de tourner.

Surpris, le meunier remit les ailes au vent: elles ne bougèrent pas. Il visita les rouages, fit venir des ouvriers habiles; lien n’y fit, le moulin reste immobile et muet.

Les jours passèrent et la gène se fit bientôt sentir à la maison. Le meunier allait être ruiné.

Un matin, il se lamentait en regardant tristement les grandes ailes inertes. Il songea à la pauvre veuve et se reprocha sa regrettable dureté de cœur. Une larme de repentir vint à ses paupières.

Aussitôt, il eut l’idée de faire une dernière tentative pour remettre le moulin en marche. Au bout d’un moment, comme il visitait pour la centième fois l’étroite ouverture où tourne le pivot des ailes, il aperçut un grain de blé, un des grains de blé de la veuve, qui, serré contre le pivot, l’empêchait de tourner.

Il le retira sans peine et aussitôt, les ailes s’étant remises en mouvement, le moulin reprit son tic-tac joyeux.

Et, en même temps, le beau blé doré se remit à glisser des trémies vers les meules et la farine blanche coula dans les sacs rebondis.

Conte des Provinces françaises de l’Ouest.

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L’Âne portant des reliques

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L’Âne portant des reliques

Un Baudet, chargé de Reliques,
S’imagina qu’on l’adorait.
Dans ce penser il se carrait,
Recevant comme siens l’Encens et les Cantiques.
Quelqu’un vit l’erreur, et lui dit :
Maître Baudet, ôtez-vous de l’esprit
Une vanité si folle.
Ce n’est pas vous, c’est l’Idole
À qui cet honneur se rend,
Et que la gloire en est due.

D’un Magistrat ignorant
C’est la Robe qu’on salue.

Jean de La Fontaine

L’expression âne chargé de reliques caractérise dès lors ceux qui croient adressés à leur mérite personnel les hommages rendus à leur seule dignité.

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La Fontaine

Canard

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Histoire de l’homme qui s’en allait chasser

Icare

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Les Ailes d’Icare

Icare, fils de Dédale, retenu prisonnier en Crète avec son père par le roi Minos, s’échappa, ainsi que lui, au moyen d’ailes attachées avec de la cire. Le jeune homme, oubliant les sages instructions du grand artiste, s’approcha trop près du soleil, qui fondit la cire de ses ailes, et il tomba dans la mer.

Dans l’application, les ailes d’Icare personnifient les ambitions présomptueuses, les entreprises audacieuses de la jeunesse.

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