Jean Racine

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Liebig S191 - Classic French Authors "Racine"

Corneille dans la gêne

Pierre Corneille naquit à Rouen en 1606.

Chargé par Richelieu d’exécuter les pièces dont le cardinal avait fait le plan, il reçut son congé comme n’ayant pas « l’esprit de suite ».

En 1635, il fit paraître la tragédie de Médée, puis l’Illusion Comique et le Cid, qui fut accueilli avec un enthousiasme extraordinaire. Mais les poètes et les critiques le malmenèrent tellement que la « querelle du Cid » le découragea. Pendant trois années, il ne donna rien au théâtre.

Ses principales œuvres, après le Cid, sont Horace et Cinna, Polyeucte, la Mort de Pompée, le Menteur.

Il se donna complètement à une traduction en vers de l’Imitation de Jésus-Christ qui parut en 1636, puis rentra sur la scène avec Œdipe.

Le grand poète, qui a véritablement créé la tragédie classique française, connut le dénuement jusque dans sa vieillesse. Sa pauvreté était telle qu’on put le voir attendant devant l’échoppe d’un cordonnier que celui-ci ait fini de réparer un de ses souliers.

Il mourut à Paris en 1684.


Fontenelle

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Fontenelle (1657-1757)

Fontenelle, qui débute comme bel esprit précieux et partisan des modernes, est dans les Entretiens sur la pluralité des mondes (1686) et dans les Éloges des Académiciens (1699-1757), l’initiateur de la vulgarisation scientifique qui va imprimer à l’esprit du XVIIIe siècle un de ses caractères essentiels.

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Pierre Bayle

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Pierre Bayle (1647-1706)

Pierre Bayle, protestant, a dans son Dictionnaire (1697), composé le grand répertoire d’idées, d’arguments et d’anecdotes où philosophes et encyclopédistes iront chercher des armes contre le XVIIIe siècle chrétien, et imaginé la méthode de renvois que lui empruntera l’Encyclopédie.

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Conseil tenu par les Rats

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Conseil tenu par les Rats

Un chat, nommé Rodilardus,
Faisait de rats telle déconfiture
Que l’on n’en voyait presque plus ;
Tant il en avait mis dedans la sépulture.
Le peu qu’il en restait, n’osant quitter son trou,
Ne trouvait à manger que le quart de son soûl ;
Et Rodilard passait, chez la gent misérable,
Non pour un chat, mais pour un diable.
Or, un jour qu’au haut et au loin
Le galant alla chercher femme,
Pendant tout le sabbat qu’il fit avec sa dame,
Le demeurant des rats tint chapitre en un coin
Sur la nécessité présente.
Dès l’abord, leur doyen, personne fort prudente,
Opina qu’il fallait, et plus tôt que plus tard,
Attacher un grelot au cou de Rodilard ;
Qu’ainsi, quand il irait en guerre,
De sa marche avertis ils s’enfuiraient sous terre ;
Qu’il n’y savait que ce moyen.
Chacun fut de l’avis de monsieur le doyen :
Chose ne leur parut à tous plus salutaire.
La difficulté fut d’attacher le grelot.
L’un dit : Je n’y vas point, je ne suis pas si sot ;
L’autre : Je ne saurais. Si bien que sans rien faire
On se quitta.
J’ai maints chapitres vus,
Qui pour néant se sont ainsi tenus ;
Chapitres, non de rats, mais chapitres de moines,
Voire chapitres de chanoines.
Ne faut-il que délibérer ?
La cour en conseillers foisonne :
Est-il besoin d’exécuter ?
L’on ne rencontre plus personne.

Jean de La Fontaine


Conseil tenu par les rats