Figaro et Beaumarchais

Figaro et Beaumarchais.

Figaro, dans la tête de Beaumarchais, observant le beau monde.

Louis XVI n’est pas content.

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Figaro_Illustr. H J (1946)

D’Alembert

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Florian

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Claris de Florian, né à Florian (Gard), était par sa mère parent de Voltaire. Il cultiva les lettres, et débuta par des pastorales en prose; mais il doit surtout sa réputation à des fables, qui lui donnent la première place après La Fontaine.

Emprisonné en 1793, il fut sauvé de l’échafaud par le 9 thermidor; mais il ne put résister aux secousses de telles épreuves et mourut peu de temps après.

Son style se distingue par la solidité, la pureté, la grâce et la sensibilité. Ses fables les plus estimées sont: le Singe qui montre la lanterne magique, la Brebis et le Chien, l’Aveugle et le Paralytique, le Château de cartes, le Savant et le Fermier, le Roi et les deux Bergers, le Lapin et la Sarcelle.

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Nicolas Gilbert

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Nicolas-Joseph Gilbert, né à Fontenay-le-Château, en Lorraine, est un poète lyrique et satirique. Il débuta par une poésie intitulée le Poète malheureux et par une ode magnifique sur le Jugement dernier, qui furent mal accueillies. Blessé dans son amour-propre et révolté contre les mœurs de la société d’alors, il publia deux satires: le Dix-huitième Siècle et Mon Apologie, où les philosophes et les encyclopédistes ne sont pas épargnés.

Malheureusement ce nouveau Juvénal n’eut pas le loisir de donner à son talent toute la maturité désirable: une chute de cheval le conduisit au tombeau à l’âge de vingt-neuf ans.

On connaît l’ode qu’il composa huit jours avant sa mort: les Adieux à la vie:

J’ai révélé mon cœur au Dieu de l’innocence;
Il a vu mes pleurs pénitents;
Il guérit mes remords, il m’arme de constance:
Les malheureux sont ses enfants.
Mes ennemis riant ont dit dans leur colère:
Qu’il meure et sa gloire avec lui!
Mais à mon cœur calmé le Seigneur dit en père:
Leur haine sera ton appui …

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Beaumarchais

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Beaumarchais (1732-1799)

Garçon horloger, puis harpiste des filles de Louis XV, il a commencé sa fortune avec Duvernay qui l’a employé dans toutes sortes de tripotages financiers et politiques, surtout en Espagne.

À son retour, il a débuté au théâtre par des drames larmoyants qui tombèrent à plat, et, aussitôt après, a conquis de haute lutte une tapageuse renommée par ses Mémoires sur l’affaire Goëzman, charge brillante contre le Parlement Maupeou. Il donne ensuite le Barbier de Séville, chef-d’œuvre de précision et de clarté, qui réintègre dans la comédie l’intrigue et la gaîté; puis il revient aux affaires, et à la diplomatie secrète, joue son rôle au service de Vergennes, dans les premiers temps de la Révolution d’Amérique, entreprend la première édition des œuvres de Voltaire.

Voici enfin le Mariage de Figaro (ou la Folle journée).

La censure l’a interdit trois ans de suite; Louis XVI, qui s’est fait lire la pièce, a senti passer le souffle révolutionnaire: « Cela est détestable, cela ne sera jamais joué. » Riposte de Beaumarchais: « Le roi ne veut pas qu’on le joue, donc on le jouera. »

« Les mots d’oppression et de tyrannie, raconte Mme Campan, ne furent jamais prononcés dans les jours qui précédèrent la chute du trône, avec plus de passion et de véhémence. »

Le roi céda, à la demande de la reine. Le mariage fut joué (le 27 avril 1784). Les cordons bleus, dans la foule pressée aux guichets, s’étaient coudoyés avec les Savoyards, des duchesses étaient placées au balcon entre des danseuses, le comte de Provence et le comte d’Artois dans les loges. Ce fut un délire général. Tous les mots portèrent: « Noblesse, fortune, qu’avez-vous fait pour tant de biens? Vous vous êtes donné la peine de naître. » Le peuple, dit Grimm, vit en Beaumarchais « le vengeur de sa misère ».

Cette première représentation, suivie de cent autres, c’est la première journée de la Révolution.

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