Marguerite de Navarre

Marguerite de Navarre (1492-1549)

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Fille de Charles d’Angoulême et de Louise de Savoie, soeur unique de François Ier, cette princesse épousa d’abord le duc d’Alençon, qui la laissa veuve en 1525. Elle devint ensuite reine de Navarre par son mariage avec Henri d’Albret, aïeul de Henri IV. La vie de Marguerite fut toute remplie par la tendre affection qu’elle portait à son royal frère, dont elle servit plus d’une fois les intérêts politiques. Passionnée comme lui pour les choses de l’esprit, elle lisait les auteurs grecs et latins dans l’original, et prenait même des leçons d’hébreu. Sa cour de Nérac, capitale du duché d’Albret, devint une sorte d’Athènes, le rendez-vous des savants et des artistes, mais aussi l’asile des réformés, que Marguerite accueillait plutôt par curiosité que par sympathie pour leur doctrine. Ces relations néanmoins ont fait suspecter sa foi. Frappée au coeur par la mort de François Ier, elle lui survécut peu et succomba, âgée de cinquante-sept ans.

Marguerite de Navarre figure avec avantage parmi nos prosateurs du XVIe siècle; nous rapprochons cependant son nom de celui de Marot, dont elle a suivi les traces dans ses Poésies. Ce recueil est connu sous le titre gracieux de Marguerites (perles) de la marguerite des princesses; on y trouve les sujets les plus variés: comédies pieuses, poèmes théologiques, contes et récits, cantiques spirituels. Ces vers, fort goûtés des contemporains, ne représentaient que la partie secondaire de son œuvre. L’Heptaméron ou Nouvelles de la reine de Navarre est son principal titre comme écrivain. Le plan de cet ouvrage est emprunté au Décaméron de Boccace, alors dans toutes les mains.

Dix nobles voyageurs, revenant des bains des Pyrénées, sont arrêtés par une crue subite du gave béarnais et forcés de demeurer plusieurs jours au monastère de Notre-Dame de Sarrance. Pour passer agréablement le temps, ils conviennent de se réunir chaque après-midi «dans un beau pré, le long de la rivière, où les sables sont si feuillés, que le soleil ne saurait percer l’ombre. – Là, assis à nos aises, dira chacun quelque histoire qu’il aura vue ou bien ouï dire à quelque homme digne de foi. Au bout de dix jours, aurons parachevé la centaine.» Marguerite ne donna que sept journées au lieu de dix: de là le titre.

Ces contes offrent un singulier mélange de mysticisme et de profane; le raffinement avec lequel les auditeurs, présidés par dame Oysille y traitent les questions que fait naître chaque récit, «ressemblent parfois, d’une façon imprévue, aux conversations de métaphysique amoureuse de l’hôtel de Rambouillet ou de la Clélie de Mlle de Scudéry (Saint-Marc-Girardin). Le style de L’Heptaméron est facile et simple; la phrase, lente et peu châtiée. La reine de Navarre, raconte Brantôme, composa tous ses ouvrages dans sa lictière, en allant par pays. Cette prose n’en marque pas moins un progrès réel en clarté et en précision.

Henri de Navarre et son épouse Marguerite
Henri de Navarre et son épouse Marguerite
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Marguerite de Navarre - Portrait
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Marguerite de Navarre

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