RONSARD ET LA PLEIADE

Ronsard
Pierre de Ronsard (1524 — 1585), né à son château près de Vendôme, entra à 10 ans à la cour de François I, devint page du duc d’Orléans, puis de Jacques V d’Ecosse et voyagea avec eux en Angleterre, en Flandre et en Italie. Une brillante carrière s’ouvrait devant lui lorsqu’il fut atteint de surdité à 20 ans. Incapable désormais de la vie publique, il aspira à la gloire des lettres. Après plusieurs années de studieuse retraite, il reparaît à la cour ceint du laurier des poètes et devient l’objet de l’admiration universelle. Les Jeux Floraux le proclament le poète français par excellence. Il se voit combler de faveurs par Henri II, François II et Marie Stuart, plus encore par Charles IX dont il est le favori inséparable. Les seuls événements de sa vie sont désormais la publication de ses vers.

— Ronsard est le premier réformateur du Parnasse français et le vrai coryphée de la Renaissance; car il s’essaye à tous les genres lyriques anciens. Mais à force de vouloir plier sa langue maternelle aux règles du grec et du latin, il en méconnaît parfois le génie propre et donne dans une recherche affectée. — Poésies de jeunesse fraîches et pures : A Cassandre, A Hélène. — Imitation des anciens froides et maniérées: Odes, hymnes, églogues. — La Franciade , essai d’épopée calquée sur l’Enéide, très faible et inachevée.

Six des plus intrépides partisans de Ronsard formèrent avec lui la Pléiade (constellation de sept étoiles) pour travailler de concert à réformer la langue nationale.

Du Bellay (1524 — 1560) donna le signal belliqueux de la réforme dans son manifeste: Défense et l’illustration de la langue française.

Jodelle (1532 — 1573) tenta quelques essais de tragédies et de comédies calquées sur l’antiquité : Didon se sacrifiant, Cléopâtre captive, etc. Il y observe le premier les trois unités d’action, de temps et de lieu que prescrit Aristote.

RÉGNIER (1573— 1613)

Mathurin Régnier, fils d’un échevin de Chartres, prêtre sans vocation, chanoine de sa ville natale, s’attacha à de puissants protecteurs, qui l’amenèrent deux fois à Rome et lui obtinrent une pension de Henri IV. Néanmoins Régnier resta toujours pauvre et endetté, car il aimait le jeu, la table et les plaisirs de bas étage en compagnie équivoque. Il mourut à 40 ans des suites de sa vie déréglée.

Poète par nature, Régnier unit l’originalité et la verve à une franche bonhomie. Son fort est la peinture des mœurs et le style vif et piquant. Ses épitres, élégies, etc. s’effacent devant ses 16 satires qui font revivre le Paris de Henri IV dans
toute sa désinvolture et tracent des silhouettes inoubliables : Le Fâcheux (sat. VIII). — Le Souper ridicule (sat. X). — La Macette , vieille coquette hypocrite (sat, XIII). — Le Critique outré , contre Malherbe (sat. IX), que Régnier ne pouvait souffrir.

Amyot (1513—1593).
Jacques Amyot, fils d’un boucher de Melun, s’enfuit à 10 ans de la maison paternelle, gagne Paris, réussit à s’introduire à l’université, y prend ses grades à 19 ans, entre dans les Ordres, devient précepteur des fils de Henri II, les rois Charles IX et Henri III, qui le nomment dans la suite évêque d’Auxerre et grand aumônier de France. Persécuté par les Ligueurs sur un faux soupçon, il meurt appauvri et abreuvé de chagrin dans sa ville épiscopale. — Sa traduction des Hommes illustres de la Grèce et de Rome par Plutarque fut un véritable événement littéraire. La cour et le monde lettré s’en délectèrent; et même au 17e siècle Amyot le bien disant fut étudié comme un modèle à cause de la pureté, du charme et de l’aisance de son style.

Source: Schmidt –


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