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Le XVIe siècle – La Renaissance
Nouvel essor de la littérature. — A la fin du XVe siècle et au commencement du XVIe, un ensemble de circonstances favorise en France la littérature, qui va se développer avec une vigueur et une ampleur nouvelles dans des voies différentes de celles qu’elle avait suivies jusqu’alors. Mais, si les circonstances favorables se rencontrent dès la première moitié du XVIe siècle, les changements produits dans la littérature ne seront nets et très appréciables que dans la seconde moitié.

L’Imprimerie. — Aux manuscrits rares et chers, l’imprimerie, introduite à Paris vers 1470, substitue le livre. Des imprimeurs servent avec dévouement la cause des lettres; les Estienne sont célèbres. François Ier favorise l’imprimerie, que ses prédécesseurs, Louis XI et Louis XII, avaient déjà défendue contre la jalousie des «copistes», corporation de ceux qui publiaient les manuscrits.

Protection accordée aux écrivains. — Malgré les guerres extérieures, et les troubles qui à l’intérieur présagent les guerres de religion, autour du pouvoir royal définitivement affermi, s’organise la vie de cour, brillante, à laquelle il faut des châteaux agréables comme cadres où évoluer, des artistes pour orner ces châteaux, des écrivains, surtout des poètes, pour charmer, célébrer et divertir la société. François Ier et sa sœur, Marguerite de Valois, duchesse d’Alençon, puis reine de Navarre, donnent l’exemple de la bienveillance envers les gens de lettres, et tout ce qui est titré, riche et puissant tient à les imiter.

Contact avec l’Italie. — Dans les guerres d’Italie, expéditions parfois plus brillantes que sanguinaires, la société italienne et la société française ont appris à se connaître; comme l’Italie a une vie littéraire et artistique alors beaucoup plus riche que la France, et dont la nouveauté séduit les Français, il s’ensuit de la part de nos ancêtres une émulation féconde en résultats. (Dante, Pétrarque, Boccace, sont du XIVe siècle, ainsi que beaucoup de grands artistes : peintres, sculpteurs, architectes. Florence, Venise, Rome, Ferrare, Bologne, Vérone, sont autant de centres artistiques.)

L’humanisme. — Le moyen âge a mal connu l’antiquité, lisant les Latins, sans toujours les comprendre, mais fort peu les Grecs; la plupart des textes originaux sont alors ignorés, et l’intérêt que l’on porte aux auteurs connus est médiocre et superficiel.

Or, en Italie encore, les Français trouvent l’exemple d’une admiration studieuse pour l’antiquité grecque et latine. Cet exemple est promptement et intelligemment suivi: François Ier, pour favoriser le goût nouveau, l’humanisme, auquel l’Université de Paris est d’abord hostile, crée, vers 1530, des cours qui sont l’origine du Collège de France: les professeurs du Roi indépendants de l’Université, étudient les langues et littératures de l’antiquité: hébraïque, grecque, latine, sur les textes originaux imprimés d’après les manuscrits, et, avec elles, toutes les connaissances du temps. (De 1517 à 1522 il y eut des leçons publiques d’hébreu, puis deux cours de grec, deux d’hébreu, un de mathématiques, et enfin, en 1534, un de latin. II n’y eut jamais, pour le Collège de France, de fondation formelle.)

Des dictionnaires précieux, les Thésaurus de la langue grecque et de la langue latine, sont publiés par les Estienne, les grands imprimeurs qui sont en même temps des érudits. L’activité intellectuelle de cette époque, parallèle à l’activité artistique, a fait donner au XVIe siècle le nom de Renaissance.


Source: Précis 01. Texte adapté.

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https://archive.org/details/histoiredeslettr00bd

La Renaissance des Lettres
La Renaissance des lettres au 16e siècle est due à l’étude de l’antiquité classique. Cette étude fut ravivée en Italie par les savants grecs réfugiés dans la péninsule après la chute de l’Empire d’Orient (1453); elle y détermina le siècle classique de Léon X, s’introduisit en France à la suite des guerres d’Italie et des alliances de la famille royale de France aux Médicis (Catherine de Médicis épouse Henri II; Marie de Médicis, Henri IV) et communiqua à la littérature française ce sens de la forme qui lui fait défaut au Moyen Age. L’invention de l’imprimerie (Gutenberg 1450) et la découverte de l’Amérique (Christophe Colomb 1492) achevèrent d’électriser les esprits.

Dans la première moitie du 16e siècle, sous François I, l’influence de l’antiquité classique est combattue par l’esprit gaulois que représentent Marot et Rabelais. — Dans la seconde moitié, sous Henri II et ses trois fils, l’élément antique triomphe par les efforts des deux réformateurs Ronsard et Malherbe. Ce dernier marque la fin de la Renaissance et ouvre l’ère classique.

Source: Schmidt –

Littérature française au 16e siècle – Renaissance
On appelle Renaissance le mouvement littéraire et artistique qui se produisit au XVIe siècle, d’abord en Italie, puis en France et dans les diverses contrées d’Europe. Plusieurs causes préparèrent ce mouvement.

1. L’Étude de l’Antiquité remise en honneur, principalement après la chute de Constantinople en 1453. La littérature et les arts grecs et latins, apportés en Italie par les savants et les artistes byzantins, devinrent le partage de tous, au lieu de rester le secret et le monopole d’un petit nombre. L’influence de l’antiquité s’accuse surtout parmi les lettrés.

2. L’invention de l’imprimerie (1440) servit merveilleusement à multiplier et à vulgariser les ouvrages des Anciens, et mit la science à la portée de tous..

3. La Réforme, en tournant les esprits vers l’étude des livres saints, contraignit à l’examen approfondi des textes et sermons, à l’étude de l’hébreu, dont la connaissance contribua à donner à la littérature française un éclat inconnu.

4. La protection accordée aux lettres par les papes et les princes favorisa puissamment les progrès de la Renaissance. Léon X, François Ier, Henri II, encouragèrent, par leurs libéralités, les poètes, les savants, les peintres et les sculpteurs.

5. Les guerres d’Italie initièrent les Français aux moeurs polies et à la culture intellectuelle des Italiens, et leur firent désirer une autre gloire que celle des armes.

Source: Précis 02.


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La littérature française du 16e siècle