Madeleine de Scudéry

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Je hais mes yeux dans mon miroir

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Quatrain

Octobre 1650

Nanteuil, en faisant mon image,
A de son art divin signalé le pouvoir :
Je hais mes yeux dans mon miroir,
Je les aime dans son ouvrage.

Madeleine de Scudéry

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Madeleine de Scudéry

Madeleine de Scudéry

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Madeleine de Scudéry


Mademoiselle de Scudéry

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Née en 1607, morte en 1701, sœur du poète Georges de Scudéry (1601-1667), l’outrecuidant rival de Corneille, Madeleine de Scudéry se fit remarquer pour son esprit à l’hôtel de Rambouillet, et, après la Fronde, reçut elle-même chez elle, à ses samedis, quelques-uns des personnages les plus distingués de l’époque.

Ses interminables romans Artamène ou le Grand Cyrus (1649-1653), Clélie, histoire romaine (1656), jouirent d’une grande réputation à l’époque où ils parurent et la durent principalement à ce qui, aux yeux de Boileau comme aux nôtres, en fait surtout le défaut: c’est que, sous des noms antiques, Mlle de Scudéry peint, non seulement des caractères modernes, mais des personnages réels et contemporains: c’est ainsi que Cyrus lui-même, dans le roman de ce nom, n’est autre que le grand Condé.

La société du temps prenait donc plaisir à se retrouver elle-même tout entière dans ces ouvrages, tandis que la postérité a été surtout frappée de ce qu’il y avait de ridicule à mettre des discours subtils et raffinés dans la bouche de ces rudes héros de l’antiquité, un Cyrus, un Brutus, un Horatius Coclès.

Outre ses romans, Mlle de Scudéry a encore laissé, entre autres ouvrages, dix volumes de Conversations morales, dont les sujets sont le plus souvent frivoles, et le style médiocre, dénué de grâce et d’aisance. Mais les œuvres de Mlle de Scudéry nous fournissent du moins de précieux renseignements sur la société française à l’époque de la minorité de Louis XIV, et l’on y trouve plus d’une page remarquable sur l’éducation des femmes, leur esprit, leurs devoirs, leur rôle dans la société.

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Madeleine de Scudéry


Les romans héroïques-galants

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Les romans héroïques-galants

Après l’Astrée, on revint en France aux romans d’aventures héroïques et amoureuses, mais attribuées à des personnages plus ou moins historiques. De ces nombreux et interminables romans pseudo-historiques, les plus célèbres furent ceux de La Calprenède (1610-1663), dont la Cléopâtre a popularisé le fier Artaban; de Georges (1601-1667) et sa sœur Madeleine (1607-1701) de Scudéry: Ibrahim ou l’illustre Bassa, Le grand Cyrus, Clélie, qu’ornait la fameuse Carte du Tendre. Ces romans parurent de 1618 à 1656; ils comptent chacun dix ou douze volumes; ils regorgent de grands coups d’épée, d’aventures et de sorcellerie, de dévouements sublimes, de tendres sentiments; ils sont bourrés de longues discussions morales ou sentimentales, de portraits où l’on reconnaissait les personnes les plus distinguées de la société parisienne. Ainsi le roman chevaleresque, sans renoncer au merveilleux et au surhumain, glissait en France vers cette analyse du cœur où devait exceller l’esprit classique.

On traduisit ces romans héroïques-galants en Angleterre, où ils furent goûtés jusqu’au milieu du siècle suivant; en Allemagne où on les imita: Daniel Casper von Lohenstein (1635-1683) s’acquit de la gloire par son Arminius et Thusnelda (1690), dont le sujet germanique est développé en trois mille pages in-quarto.

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La Calprenède

L’Hôtel de Rambouillet

Conte et roman de la Renaissance au 17e siècle – Europe