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Au XVIIème siècle, la philosophie n’est qu’une évolution de celle de la Renaissance au XVIème siècle.

Les humanistes cherchaient une synthèse entre la raison et la foi. Au XVIIème siècle, des philosophes comme Descartes et Pascal et les orateurs comme Bossuet, tentaient de les séparer : la raison et la foi coexistent mais dans des domaines distincts.

René DESCARTES (1596-1650)

Notice biographique
Il a fait des études classiques chez les Jésuites, s’intéressait déjà très jeune aux mathématiques mais a quand même choisi le droit.
Après une carrière dans l’armée, il s’est exilé volontairement en Hollande. Pendant vingt ans il y travaille à ses écrits philosophiques.
En 1649, il est invité par la reine Christine de Suède et se rend à Stockholm. Il y meurt en 1650.

Oeuvres
Le Discours de la méthode (1637)
Les Méditations (1647)
Les Principes philosophiques (1647)
Le Traité des passions (1650)

Le discours de la méthode
Descartes a déclaré que la dignité de l’homme réside dans se pensée et il a placé le moi au centre de sa philosophie.
A vingt-cinq ans déjà il a exposé sa méthode : il met en doute toutes ses connaissances et procède ensuite par le seul raisonnement pour découvrir la vérité.
Son fameux COGITO ERGO SUM (Je pense, donc je suis) lui donne l’intuition de son existence comme chose pensante. De l’existence de l’âme il va à l’existence de Dieu, du monde et de l’univers.
Le cartésianisme a eu une grande influence aussi bien dans le domaine philosophique que scientifique.

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René Descartes est né à La Haye, entre Tours et Poitiers, en 1596, d’une famille noble. Il fut mis au collège de La Flèche, chez les Jésuites. Descartes vint ensuite à Paris, étudier le droit ; puis il voulut consulter le «grand livre du monde», et, pour voyager, il s’engagea dans l’armée. Il prit part à la guerre de Trente Ans. On le vit à Ulm, à Prague, bon soldat, mais toujours préoccupé de science et de philosophie. Il quitta le service, se rendit à Rome (1623) et revint à Paris. Bientôt, pour trouver la solitude et la paix, il s’établit en Hollande (1629), d’abord dans la Frise, ensuite à Ams­terdam. C’est là qu’il écrivit entre autres le Discours de la méthode (1637). La reine Christine de Suède l’attira à Stockholm. Il ne tarda pas à y mourir, le 11 février 1650. Son corps fut rapporté en France en 1667.

Descartes veut que nous réfléchissions avec notre bon sens, c’est-à-dire avec notre raison, «la chose du monde la mieux partagée», mais aussi celle dont nous savons le moins faire usage, faute d’une méthode. Il va donc, dans son Discours, nous apprendre à raisonner, au moyen de l’analyse et de la synthèse.

Descartes remplace le raisonnement scolastique du moyen-âge par le raisonnement des mathématiques. Il fait table rase de toutes ses connaissances antérieures et par le doute méthodique, il essaie de retrouver les principes évidents d’une philosophie. Mais, s’il doute, il pense, et s’il pense, il existe : c’est le fameux «Je pense, donc je suis» (Cogito, ergo sum). De sa pensée, il s’élève à la connaissance de l’âme, puis à celle de Dieu : il a en effet l’idée de l’infini, laquelle ne peut venir ni de lui-même, être essentiellement borné, ni du monde extérieur.

Jusque-là, les philosophes, comme les théologiens, se servaient uniquement du latin pour exposer leurs doctrines. Descartes, en usant du français, s’adresse, non pas aux philosophes, aux spécialistes, mais à tous ceux qui ont du bon sens.

Discours de la méthode.

J’avais un peu étudié, étant plus jeune, entre les parties de la philosophie, à la logique, et entre les mathématiques, à l’analyse des géomètres et à l’algèbre, trois arts ou sciences qui semblaient devoir contribuer quelque chose à mon dessein. Mais, en les examinant, je pris garde que, pour la logique, ses syllogismes et la plupart de ses autres instructions servent plutôt à expliquer à autrui les choses qu’on sait ou même, comme l’art de Lulle, à parler, sans jugement, de celles qu’on ignore, qu’à les apprendre. Et bien qu’elle contienne, en effet, beaucoup de préceptes très vrais et très bons, il y en a toutefois tant d’autres, mêlés parmi, qui sont ou nuisibles ou superflus, qu’il est presque aussi malaisé de les en séparer, que de tirer une Diane ou une Minerve hors d’un bloc de marbre qui n’est point encore ébauché. Puis, pour l’analyse des anciens et l’algèbre des modernes, outre qu’elles ne s’étendent qu’à des matières fort abstraites, et qui ne semblent d’aucun usage, la première est toujours si astreinte à la considération des figures, qu’elle ne peut exercer l’entendement sans fatiguer beaucoup l’imagination; et on s’est tellement assujetti, en la dernière, à certaines règles et à certains chiffres, qu’on en a fait un art confus et obscur, qui embarrasse l’esprit, au lieu d’une science qui le cultive. Ce qui fut cause que je pensai qu’il fallait chercher quelque autre méthode, qui, comprenant les avantages de ces trois, fût exempte de leurs défauts. Et comme la multitude des lois fournit souvent des excuses aux vices, en sorte qu’un État est bien mieux réglé lorsque, n’en ayant que fort peu, elles y sont fort étroitement observées; ainsi, au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est composée, je crus que j’aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une ferme et constante résolution de ne manquer pas une seule fois à les observer.

Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être telle : c’est-à-dire, d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements, que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute.

Le second, de diviser chacune des difficultés que j’examinerais, en autant de parcelles qu’il se pourrait, et qu’il serait requis pour les mieux résoudre.

Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu, comme par degrés, jusques à la connaissance des plus composés; et supposant même de l’ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres.

Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers, et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre.

Ces longues chaînes de raisons, toutes simples et faciles, dont les géomètres ont coutume de se servir, pour parvenir à leurs plus difficiles démonstrations, m’avaient donné occasion de m’imaginer que toutes les choses, qui peuvent tomber sous la connaissance des hommes, s’entresuivent en même façon et que, pourvu seulement qu’on s’abstienne d’en recevoir aucune pour vraie qui ne le soit, et qu’on garde tou­jours l’ordre qu’il faut pour les déduire les unes des autres, il n’y en peut avoir de si éloignées auxquelles enfin on ne parvienne, ni de si cachées qu’on ne découvre. Et je ne fus pas beaucoup en peine de chercher par lesquelles il était besoin de commencer : car je savais déjà que c’était par les plus simples et les plus aisées à connaître; et considérant qu’entre tous ceux qui ont ci-devant recherché la vérité dans les sciences, il n’y a eu que les seuls mathématiciens qui ont pu trouver quelques démonstrations, c’est-à-dire quelques raisons certaines et évidentes, je ne doutais point que ce ne fût par les mêmes qu’ils ont examinées; bien que je n’en espérasse aucune autre utilité, sinon qu’elles accoutumeraient mon esprit à se repaître de vérités, et ne se contenter point de fausses raisons. Mais je n’eus pas dessein, pour cela, de tâcher d’apprendre toutes ces sciences particulières, qu’on nomme communément mathématiques, et voyant qu’encore que leurs objets soient différents, elles ne laissent pas de s’accorder toutes, en ce qu’elles n’y considèrent autre chose que les divers rapports ou proportions qui s’y trouvent, je pensai qu’il valait mieux que j’examinasse seulement ces proportions en général, et sans les supposer que dans les sujets qui serviraient à m’en rendre la connaissance plus aisée; même aussi sans les y astreindre aucunement, afin de les pouvoir d’autant mieux appliquer après à tous les autres auxquels elles conviendraient. Puis, ayant pris garde que, pour les connaître, j’aurais quelquefois besoin de les considérer chacune en particulier, et quelquefois seulement de les retenir, ou de les comprendre plusieurs ensemble, je pensai que, pour les considérer mieux en particulier, je les devais supposer en des lignes, à cause que je ne trouvais rien de plus simple, ni que je pusse plus distinctement représenter à mon imagination et à mes sens; mais que, pour les retenir, ou les comprendre plu­sieurs ensemble, il fallait que je les expliquasse par quelques chiffres, les plus courts qu’il serait possible, et que, par ce moyen, j’emprunterais tout le meilleur de l’analyse géométrique et de l’algèbre, et corrigerais tous les défauts de l’une par l’autre.

Verhandeling over de methode.
Toen ik nog jong was had ik enige studie gewijd aan logica, meetkunde en algebra, drie wetenschappen waarvan ik dacht dat ze een bijdrage konden leveren aan het realiseren van mijn doel. Maar tijdens mijn studie van de logica stelde ik vast dat haar syllogismen en de meeste van haar voorschriften vooral dienen om aan iemand de dingen uit te leggen die men al weet, eerder dan nieuwe dingen te leren; ze konden zelfs dienen om op de wijze van Lulle zonder beoordelingsvermogen te kunnen praten over dingen waar men niets van afweet. Wat meetkunde en algebra betreft, ze omvatten erg abstracte materie, die niet direct bruikbaar lijkt.De eerste beperkt zich tot het beschouwen van figuren, ze kan het begrip enkel oefenen mits veel inspanning van de verbeelding. De laatste onderwerpt iemand aan regels en cijfers, ze is een ingewikkelde en duistere kunst die de geest hindert, in plaats van een wetenschap die de geest vooruithelpt.

Daarom dacht ik dat ik een andere methode moest zoeken, met de voordelen van die drie wetenschappen, maar zonder hun gebreken. Ik had het groot aantal voorschriften van de logica niet nodig. Ik meende genoeg te hebben aan de volgende vier principes, tenminste als ik me voornam om ze zonder fout telkens opnieuw in acht te nemen.

Om de waarheid te vinden bestond het eerste principe erin nooit enige zaak voor waar aan te nemen, tenzij ik haar als klaarblijkelijk waar herkende.Dat principe bestond er dus in zorgvuldig snelheid en onbewezen mening uit de weg te gaan. Ook bestond het erin, in wat ik te beoordelen had, alleen die dingen aan te nemen die zich helder en duidelijk voor mijn geest zouden aanbieden, zo helder en zo duidelijk dat ik ze op generlei wijze nog in twijfel kon trekken.

Het tweede principe om de waarheid te vinden bestond erin iedere moeilijkheid, die ik zou onderzoeken, in zoveel mogelijk kleinere deeltjes te verdelen als nodig was om ze beter op te lossen.

Het derde principe bestond erin mijn gedachten ordelijk te leiden :beginnen met de dingen die het eenvoudigst en het gemakkelijkst te kennen zijn, om dan beetje bij beetje, in kleine stapjes, op te gaan naar de complexere dingen ; daarna zelfs orde brengen in dingen die niet natuurlijk uit elkaar volgen.

En het laatste principe bestond erin alle elementen op te tellen, en zeer algemene overzichten op te stellen, om zeker te zijn dat ik niets vergeten had.

1. Quelle idée domine l’œuvre de Descartes ? Pourquoi était-ce dangereux au 17e siècle?

2. Formulez les idées principales de ce passage dans vos propres mots.