Pierre Corneille



Corneille
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Notice biographique
Né à Rouen dans une famille de petite bourgeoisie, il fait d’abord des études chez les Jésuites, puis il choisit le droit. Il préfère la poésie et le théâtre à sa charge d’avocat mais on retrouve dans son oeuvre des traces de sa logique d’avocat.

En 1629, on joue à Paris sa première comédie qui le rend célèbre et il continue à écrire des comédies.

A 30 ans, on joue Le Cid qui rend la gloire à son auteur qui est anobli par Louis XIII.

La pièce est également reçue avec des critiques amères par ses rivaux jaloux. Pendant trois ans il n’écrit plus de théâtre.

En 1651, il renonce au théâtre après une pièce échouée et se consacre à la religion. Pendant cette même période de retraite, il réfléchit sur son art et rédige des discours sur son art et le système dramatique.

En 1659, il retourne au théâtre mais le public et le goût du jour ont changé et on lui préfère Racine. Il continue à écrire mais n’atteint plus la grandeur de ses chefs-d’oeuvre.

Sa vieillesse sera triste, marquée par le chagrin, les déceptions et des difficultés d’argent. Dans ses dernières années il retrouve quand même une partie de sa gloire antérieure par la représentation de quelques pièces à la cour de Louis XIV.

Oeuvres
Mélite (1629)
Le Cid (1637)
Horace (1640)
Cinna (1640)
Polyeucte (1642)
Oedipe (1659)
Discours (1660)
Suréna (1674)

L’art cornélien
Corneille choisit ses sujets dans l’histoire, le plus souvent l’histoire romaine. Il renforce les intrigues qu’il a empruntées aux historiens pour rendre son sujet plus tragique et plus noble. Il met sur scène des hommes courageux chez qui la raison l’emporte sur les passions et la volonté triomphe des sentiments.
Sa langue est parfois éloquente, oratoire et il insère dans ses pièces de longs débats oratoires et des délibérations.
Mais Corneille est aussi un poète lyrique : souvent ses héros parlent de l’amour, de la tendresse dans une langue très poétique.

Le Cid (1637)
Le sujet de cette tragi-comédie [1] a été emprunté à une pièce de Guilhem de Castro, publiée en 1631.
Corneille en a fait un chef-d’oeuvre et c’est en fait la première tragédie classique de la littérature française.

La pièce se situe à Séville, en Espagne.

Don Diègue a été désigné par le roi, Don Fernand, comme gouverneur du prince. Don Diègue a un fils qui s’appelle Don Rodrigue.
Don Gomez, comte de Gormas, qui ambitionnait la fonction confiée à Don Diègue, insulte ce dernier et finit par le souffleter. Don Gomez a une fille : Chimène.
Le vieux Don Diègue, trop vieux pour se battre, confie à son fils Rodrigue le soin de venger son bonheur en lui disant : Meure ou tue (acte 1). Or, Rodrigue aime passionnément Chimène et se trouve devant un immense problème.
L’honneur l’emporte sur le coeur et Rodrigue provoque Don Gomez en duel. Rodrigue tuera son rival (acte 2).
Chimène à son tour est partagée entre l’honneur (venger son père) et l’amour (Rodrigue). Don Sanche, également amoureux de Chimène, sera son champion et combattra Don Rodrigue.
Le roi déclare que le vainqueur épousera Chimène (acte 4). Rodrigue triomphe et le roi accorde à Chimène un deuil d’un an, tandis que Rodrigue ira combattre les Maures. Ils se marieront plus tard (acte 5).

[1]malgré le nom ce n’est pas un mélange de tragédie et de comédie; c’est tout simplement une tragédie qui finit bien.

Percé jusques au fond du coeur
D’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d’une juste querelle,
Et malheureux objet d’une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,
O Dieu, l’étrange peine !
En cet affront, mon père est l’offensé,
Et l’offenseur le père de Chimène !

Que je sens de rudes combats !
Contre mon propre honneur mon amour s’intéresse :
Il faut venger un père et perdre une maîtresse.
L’un m’anime le coeur, l’autre retient mon bras.
Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,
Ou de vivre en infâme,
Des deux côtés mon mal est infini.
O Dieu, l’étrange peine !
Fait-il laisser un affront impuni ?
Faut-il punir le père de Chimène ?

Père, maîtresse, honneur, amour,
Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,
Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie,
L’un me rend malheureux, l’autre indigne du jour.
Cher et cruel espoir d’une âme généreuse,
Mais ensemble amoureuse,
Digne ennemi de mon plus grand bonheur,
Fer qui causes ma peine,
M’es-tu donné pour venger mon bonheur ?
M’es-tu donné pour perdre ma Chimène ?

Oui, mon esprit s’était déçu.
Je dois tout à mon père avant qu’à ma maîtresse :
Que je meure au combat, ou meure de tristesse,
Je rendrai mon sang pur comme je l’ai reçu,
Je m’accuse déjà trop de négligence;
Courons à la vengeance;
Et tout honteux d’avoir tant balancé,
Ne soyons plus en peine,
Puisqu’aujourd’hui mon père est l’offensé,
Si l’offenseur est père de Chimène.

Vocabulaire
mon feu: mon amour
s’intéresse: prend parti
une maîtresse: une fiancée
ensemble: en même temps
déçu: égaré
je dois: j’ai des devoirs envers
de négligence: d’hésitation
balancé: hésité
si: bien que

Exercice
1. Quel est le sentiment qui anime Rodrigue dans la première strophe ?
2. Montrez que la raison commene à l’emporter dans la deuxième strophe ?
3. Cherchez dans la troisième strophe les mots qui témoignent de l’amour de Rodrigue pour son père et ceux qui font apparaître son amour pour Chimène ?


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Pierre Corneille (1606-1684)

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Liebig S191 - Classic French Authors "Corneille"

6. Pierre Corneille (1606-1684)

CORNEILLE, Pierre. Polyeucte_Hatier (Paris), 1940. (Classiques pour Tous; 15)

Image from page 11 of "Théatre choisi" (1881)