La littérature mondaine
Mme DE SÉVIGNÉ (1626 — 1696)
Marie de Rabutin Chantal, marquise de Sévigné, devint orpheline dès son bas âge et fut élevée par son oncle l’abbé de Coulanges dit le bien bon. Elle eut pour maîtres Chapelain et Ménage. et fut admise dès 15 ans à la cour. A 18 ans, elle épousa le marquis de Sévigné, jeune dissipé qui succomba dans un duel 7 ans plus tard. Refusant tous les soupirants, Turenne, Conti, Fouquet, la jeune veuve se fit précieuse et se consacra à l’éducation de ses deux enfants Marguerite et Charles. Durant un séjour qu’elle fit chez sa fille à Grignan (Provence), la petite vérole l’emporta à l’âge de 70 ans. Blonde aux yeux brillants et au teint frais, la spirituelle marquise unissait beauté, enjouement et vertu. Séparée 20 ans (1668-1696) de sa fille qu’elle avait mariée au comte de Grignan gouverneur de Provence, Mme de Sévigné entretint avec elle une correspondance très active. Ces Lettres, semées d’anecdotes intéressantes, ont été publiées après sa mort et sont encore considérées comme les vrais modèles du genre. Elles charment par la vivacité
d’esprit, la tendresse de cœur et les grâces du style.

Mme DE LA FAYETTE (1634 — 1693), amie intime de Mme de Sévigné et du duc de La Rochefoucauld, fut dame d’honneur de la jeune duchesse d’Orléans, Henriette d’Angleterre, qui mourut entre ses bras. Elle écrit, outre la vie de cette princesse, quelques courts récits d’amour où le cœur parle son vrai langage. La Princesse de Clèves (1678), premier roman de valeur de la littérature française, est un chef d’œuvre d’élévation morale, de fine observation, de style sobre, pur et mesuré. Le sujet est la lutte héroïque d’une honnête femme contre une inclination de cœur illicite.

Source: Schmidt