Marquise_de_Sévigné

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Mme de Sévigné
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La vie de société s’est développée au XVIIème siècle. Les salons littéraires ont connu un énorme succès. Le prolongement de ces conversations se retrouve dans la littérature sous forme de lettres.

L’épistolière la plus célèbre est Madame de Sévigné (1626-1696). Ses lettres ont un intérêt historique parce qu’elle nous renseigne sur la vie de la cour et sur les célébrités du temps, un intérêt moral parce qu’elle y parle de ses joies de famille, du devoir, un intérêt psychologique parce qu’elle connaît la nature, ses charmes, les gens et un intérêt littéraire par son style spirituel et vivant, précis et clair.

Extrait
Cette lettre est écrite à la comtesse de Grignan, la fille de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné. Elle souffre de l’éloignement de sa fille qui, après son mariage, a suivi son mari en Provence où il était lieutenant général.

… Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie. Je vous avoue que j’y trouve des chagrins cuisants; mais je suis encore plus dégoûtée de la mort : je me trouve si malheureuse d’avoir à finir tout ceci par elle, que si je pouvais retourner en arrière, je ne demanderais pas mieux. Je me trouve dans un engagement qui m’embarrasse : je suis embarquée dans la vie sans mon consentement; il faut que j’en sorte, cela m’assomme, et comment en sortirai-je ? par où ? par quelle porte ? quand sera-ce ? en quelle disposition ? souffrirai-je mille et mille douleurs, qui me feront mourir désespérée ? Aurai-je un transport au cerveau ? mourrai-je d’un accident ? comment serai-je avec Dieu ? Qu’aurai-je à lui présenter ? la crainte, la nécessité feront-elles mon retour vers lui ? N’aurai-je aucun autre sentiment que celui de la peur ? que puis-je espérer ? suis-je digne du paradis? suis-je digne de l’enfer ? quelle alternative ! Quel embarras ! … Je m’abîme dans ces pensées, et je trouve la mort si terrible, que je hais plus la vie parce qu’elle m’y mène, que par les épines qui s’y rencontrent. Vous me direz que je veux vivre éternellement. Point du tout, mais si on m’avait demandé mon avis, j’aurais bien aimé à mourir entre les bras de ma nourrice : cela m’aurait ôté bien des ennuis, et m’aurait donné le ciel bien sûrement et bien aisément. Mais parlons d’autre chose …

Exercice
1. Qu’indique la première ligne de cette lettre ?
2. Qu’est-ce que cela prouve de la part de Madame de Grignan ?
3. Comment la mère répond-elle à la question de sa fille ?

C’est encore pour la société mondaine qu’ont été écrits la plupart des romans du XVIIème siècle. Le chef-d’oeuvre est un roman de Madame de La Fayette : La Princesse de Clèves. C’est un roman d’analyse, sobre et simple mais plein de délicatesse morale et de finesse psychologique.

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  • Madame de Sévigné arrivant à Vichy en 1676

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    Madame de Sévigné

  • Madame de Sévigné (1626-1696)

    Madame de Sévigné

    Marie de Rabutin-Chantal, née, en 1626, au château de Bourbilly en Bourgogne, épousa le marquis de Sévigné, dont elle resta veuve à l’âge de vingt-cinq ans. Elle était aussi remarquable par sa beauté et sa grâce que par son instruction et son esprit. Elle refusa de se remarier pour se consacrer à l’éducation de ses deux enfants. C’est à sa fille, madame de Grignan, qu’elle adressa ces admirables lettres, qui firent sa réputation d’écrivain et qui n’ont été recueillies et publiées que longtemps après sa mort.

    Elle mourut au château de Grignan, en Provence, le 18 avril 1696.

    Madame de Sévigné

  • Madame de Sévigné

    Madame de Sévigné (1626-1696)

    Marie de Rabutin-Chantal, née à Paris, perdit son père à dix-huit mois, sa mère, Marie de Coulanges, à six ans, et à vingt-cinq, son mari, le marquis de Sévigné. Chapelain et Ménage lui avaient appris, dans sa première jeunesse, outre le français, le latin, l’espagnol et l’italien. Sa fille, pour qui elle avait une tendresse très vive, épousa en 1669 le comte de Grignan, lieutenant général au gouvernement de Provence : de cette séparation naquit une correspondance incessante entre la mère et la fille, où sont racontés, avec un art consommé et un naturel parfait, tous les incidents, toutes les anecdotes, tous les événements petits et grands qui se passèrent à la cour de Louis XIV dans la seconde moitié du XVIIe siècle.


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  • Madame de Sévigné
  • Le carrosse renversé

    Le carrosse renversé

    L’archevêque de Reims revenait hier fort vite de Saint-Germain, comme un tourbillon. S’il croit être grand seigneur, ses gens le croient encore plus que lui. Ils passaient au travers de Nanterre, tra, tra, tra; ils rencontrent un homme à cheval, gare, gare! Ce pauvre homme se veut ranger, son cheval ne le veut pas; enfin le carrosse et les six chevaux renversent le pauvre homme et le cheval, et passent par-dessus, et si bien par-dessus que le carrosse en fut versé et renversé: en même temps l’homme et le cheval, au lieu de s’amuser à être roués et estropiés, se relèvent miraculeusement et remontent l’un sur l’autre, et s’enfuient et courent encore, pendant que les laquais et le cocher, et l’archevêque même, se mettent à crier: «Arrête, arrête le coquin, qu’on lui donne cent coups.» L’archevêque, en racontant ceci, disait: «Si j’avais tenu ce maraud-là, je lui aurais rompu les bras et coupé les oreilles.»

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  • Le madrigal de Louis XIV

    Le madrigal de Louis XIV

    Il faut que je vous conte une petite historiette, qui est très vraie et qui vous divertira. Le roi se mêle depuis peu de faire des vers; MM. Saint-Aignan et Dangeau lui apprennent comment il faut s’y prendre. Il fit l’autre jour un madrigal que lui-même ne trouva pas trop joli. Un matin, il dit au maréchal de Grammont: «Monsieur le maréchal, lisez, je vous prie, ce petit madrigal, et voyez si vous en avez jamais vu un si impertinent: parce qu’on sait que depuis peu j’aime les vers, on m’en apporte de toutes les façons.»

    Le maréchal, après avoir lu, dit au roi: «Sire, Votre Majesté juge divinement bien de toutes les choses; il est vrai que voilà le plus sot et le plus ridicule madrigal que j’aie jamais lu.» Le roi se mit à rire et lui dit: «N’est-il pas vrai que celui qui l’a fait est bien fat? — Sire, il n’y a pas moyen de lui donner un autre nom. — Oh bien! dit le roi, je suis ravi que vous m’en ayez parlé si bonnement: c’est moi qui l’ai fait. — Ah! sire, quelle trahison! que Votre Majesté me le rende, je l’ai lu brusquement. — Non, monsieur le maréchal, les premiers sentiments sont toujours les plus naturels.»

    Le roi a fort ri de cette folie, et tout le monde trouve que voilà la plus cruelle petite chose que l’on puisse faire à un vieux courtisan. Pour moi qui aime toujours à faire des réflexions, je voudrais que le roi en fît là-dessus, et qu’il jugeât par là combien il est loin de connaître jamais la vérité.

    Madame de Sévigné

    Mots expliqués

    * Madrigal: Petite pièce de vers renfermant une pensée ingénieuse, flatteuse pour quelqu’un.

    * Impertinent: Qui choque le bon sens et les convenances.

    * Fat: Qui a de la prétention, sot.

    * La plus cruelle petite chose: La plus cruelle petite malice ou méchanceté.

    Questionnaire

    1. Qu’est-ce qu’un courtisan? — 2. Pourquoi le roi fit-il lire son madrigal à un de ses courtisans? — 3. Pourquoi le roi avait-il dit au maréchal son jugement avant de lui demander le sien? — 4. Comment le maréchal est-il tombé dans le piège qui lui était tendu? — 5. Quelle moralité peut-on tirer de là?

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  • Un mariage extraordinaire

    Madame de Sévigné

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