Marivaux (1688-1763)


Notice biographique

La jeunesse et l’éducation de Pierre Carlette de Chamblain de Marivaux sont mal connues.

Dès l’âge de 18 ans, il a fait jouer sa première comédie à Limoges.  Puis il a étudié à Paris, s’est lié avec La Motte et Fontenelle et a fréquenté les salons où il brille par ses talents de causeur.

Dans le domaine littéraire, il a affirmé son originalité dans trois domaines : le journalisme, le théâtre et le roman.

Il a lancé un nouveau périodique, Le Spectateur français dont paraissent 25 feuilles entre 1722 et 1724.  Dans ses articles il aborde d’une façon très personnelle des questions littéraires et morales.

De 1716 à 1737, il a surtout écrit des comédies pour le Théâtre-Italien.

De 1731 à 1741, il a écrit des romans.

Oeuvres
Le Jeu de l’Amour et du Hasard (1730)
Les Fausses Confidences (1737)
La Vie de Marianne (1731-1741)
Le Paysan parvenu (1735-1736)

Son intérêt
Marivaux a surtout écrit des comédies sentimentales : le thème central en est l’amour.  Ce n’est pas l’amour-passion comme chez Racine mais l’amour-tendresse : l’amour naissant dans des coeurs jeunes qui ne veulent pas reconnaître qu’ils sont amoureux.  Le dénouement heureux, après de nombreux détours, est inévitablement le triomphe de l’amour.

Les comédies de Marivaux ne sont plus des comédies de caractère comme celles de Molière: le comique ne résulte pas des vices des personnages, mais du débat qui partage leur coeur.

L’atmosphère particulière du théâtre de Marivaux vient de l’union de la vérité psychologique et de la fantaisie et de l’extrême subtilité du langage.  Le spectateur doit être attentif aux nuances dans les termes : les maîtres se servent du langage des salons, les valets font renaître la préciosité ridicule.

Les personnages de Marivaux ont une manière spéciale de parler, on dit des choses aimables de façon spirituelle mais parfois précieuse : c’est ce qu’on a appelé depuis le marivaudage.

Au XVIIIème siècle, les pièces de Marivaux n’ont jamais connu le grand succès.  Au XIXème siècle, le succès des comédies de Musset doit beaucoup à Marivaux.  Au XXème siècle, Giraudoux et Anouilh s’inspirent de lui.

Le Jeu de l’Amour et du Hasard (1730)

Acte I : le jeu du hasard.
M. Orgon, père de Silvia veut marier sa fille à Dorante, fils d’un vieil ami.

Silvia n’est pas très enthousiaste et décide de se déguiser comme sa servante Lisette pour pouvoir tranquillement observer le prétendant inconnu.  Silvia en informe son père et celui-ci est d’accord que les deux filles changent de place.

Le père s’amuse car son ami l’a averti que son fils Dorante s’est déguisé en valet et a donc pris la place d’Arlequin.  Par conséquent, il y aura deux faux maîtres (Lisette et Arlequin) et deux faux domestiques (Silvia et Dorante).

Quand Dorante arrive sous le déguisement du valet avec le nom de Bourguignon, Silvia le trouve charmant et elle s’étonne que le valet soit beaucoup plus agréable que son maître.

M. Orgon et son fils Mario, qui est dans le complot, ont de quoi s’amuser.

Acte II : le jeu de l’amour.
Lisette est amoureuse d’Arlequin, qu’elle prend pour Dorante, et elle demande conseil à M. Orgon.  Elle est surprise que M. Orgon lui dise de faire ce qu’elle veut et dès lors elle ne cache plus ses sentiments pour le faux Dorante.

Les deux faux domestiques s’éprennent aussi l’un de l’autre.  Dorante déclare son amour à Silvia qu’il tient toujours pour une servante, et il lui avoue sa vraie identité.

Jouissant de son triomphe – elle a surmonté les résistances sociales d’un maître qui trouvait indigne l’amour pour une servante ‑ Silvia décide de mettre Dorante à l’épreuve.

Acte III : le triomphe de l’amour.
Silvia veut le triomphe total de l’amour sur la raison : elle veut convaincre Dorante d’épouser la domestique Silvia.

Pendant ce temps Lisette fait la conquête du faux Dorante, tant méprisé par Silvia.  Le dénouement de l’intrigue les éclairera tous les quatre : Arlequin révèle à Lisette sa véritable identité; puis Lisette en fait de même devant Arlequin.  Le dernier détrompé est Dorante à qui Mario a fait croire qu’il est l’amant de Silvia.  Celle-ci obtient du vrai Dorante qu’il fait le sacrifice de sa fortune et de sa naissance pour l’épouser.  Quand elle lui révèle enfin son identité et son amour, tout s’arrange bien.


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Marivaux (1688-1763)
Pierre de Marivaux (1688 — 1763) naît, vit et meurt à Paris, où son père était directeur de la Monnaie. Après des études insuffisantes, il trouve sa vraie maîtresse d’école dans la société élégante et raffinée des salons de la capitale. C’est elle qui lui fournit les types des comédies amoureuses, dont il alimente tantôt le Théâtre Français, tantôt le Théâtre Italien. La banqueroute de Law achève de le mettre dans la gêne et le réduit aux besognes littéraires les plus fastidieuses. L’Académie lui ouvre ses portes en 1742, et une pension de Mme de Pompadour met sa vieillesse à l’abri du besoin, sinon de l’oubli.

Marivaux fonde un genre nouveau, la comédie amoureuse, spirituelle et au fond peu comique. Elle se base sur l’analyse fine et délicate de l’amour naissant; de là l’importance des rôles de femmes, la faiblesse de l’action, l’honnêteté du milieu et le dialogue galant et subtil, dit marivaudage. — Durant un quart de siècle (1722 — 1746) Marivaux donne une trentaine de comédies en prose, à 3 actes chacune, dont l’invariable sujet forme un amour qui s’ignore d’abord, se débat ensuite et finit par l’emporter. Ses 4 comédies les plus connues sont: La première Surprise de l’Amour (1722) (deux voisins, marquis et marquise, ennemis jurés du mariage, se fuient, se rencontrent néanmoins, s’aiment et s’unissent, non sans l’intervention d’une fine soubrette); La nouvelle surprise de l’Amour (1727)(sujet analogue); Le Jeu de l’Amour et du Hasard (1730) (deux fiancés se déguisent en domestiques pour se mieux connaître); Les Fausses Confidences (1737) (un intendant gagne en 24 heures le cœur de la veuve riche dont il gère la fortune).

Parmi les romans de Marivaux le meilleur est La Vie de Marianne (1735) (une orpheline échappe à un tuteur corrompu et, après mille épreuves, réussit à épouser celui qu’elle aime, le propre neveu du tuteur). Le romancier anglais Richardson s’inspire de Marivaux.

Source: Schmidt
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