vauvenargues-1715-1747

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Biographie
Luc de Clapiers, Marquis de Vauvenargues, né à Aix-en-Provence, servit quelque temps avec distinction dans les armées de Louis XV. La pénible campagne de Bohème (1742) ruina sa santé et le força d’abandonner une carrière qui flattait ses désirs de gloire. La petite vérole, dont il fut atteint peu après, le défigura et le priva presque de la vue. Condamné dès lors à une pénible inaction, il chercha dans la philosophie et dans la culture des lettres un adoucissement de ses souffrances. Voltaire encouragea les débuts de ce jeune écrivain, qu’il se plaisait à entretenir de vive voix ou par écrit. La conversation de Vauvenargues était pleine de charmes: il tenait, dit Marmontel, toutes les âmes dans ses mains. Une mort prématurée brisa tout à coup sa carrière; il n’était âgé que de trente-deux ans.

Ses ouvrages
L’Introduction à la connaissance de l’esprit humain et les Réflexions critiques sur quelques poètes et prosateurs sont des ébauches qui témoignent d’un esprit d’élite, mais peu formé encore à l’art d’écrire. Les Réflexions et Maximes ont valu à leur auteur un rang distingué parmi nos grands moralistes.

Jugement sur Vauvenargues
Moins acerbe que La Rochefoucauld, plus compatissant que Pascal, Vauvenargues, si éprouvé lui-même, cherche à consoler l’homme; il lui apprend à s’estimer, lui montre la beauté de la vertu, le stimule à poursuivre une gloire honorable: Faisons généreusement et sans compter tout le bien qui tente nos cœurs; on ne peut être dupe d’aucune vertu. – Les feux de l’aurore ne sont pas si doux que les premiers rayons de la gloire.

Comme écrivain, Vauvenargues se distingue en général par la clarté, le naturel, la concision. À une époque où le froid et le banal envahissaient les lettres, il a énoncé, et surtout il a compris ces admirables préceptes: Les grandes pensées viennent du cœur. – C’est l’âme qui forme l’esprit.

Quelques maximes de Vauvenargues

La clarté orne les pensées profondes.
C’est un grand signe de médiocrité de louer toujours modérément.
Les longues prospérités s’écoulent quelquefois en un moment, comme les chaleurs de l’été sont emportées par un jour d’orage.
Combien de dégoûts et d’ennuis ne pourrait-on pas s’épargner si on osait aller à la gloire par le seul mérite!
Il est difficile d’estimer quelqu’un comme il veut l’être.
Ce qui est arrogance dans les faibles est élévation dans les forts; comme la force des malades est frénésie, et celle des sains est vigueur.
Nos plus sûrs protecteurs sont nos talents.
Les esprits faux changent souvent de maximes.
On dit peu de choses solides lorsqu’on cherche à en dire d’extraordinaires.
Les grandes pensées viennent du cœur.
Nous réservons notre indulgence pour les parfaits.
La générosité souffre des maux d’autrui, comme si elle en était responsable.
On n’est pas né pour la gloire lorsqu’on ne connaît pas le prix du temps.
La loi des esprits n’est pas différente de celle des corps, qui ne peuvent se maintenir que par une continuelle nourriture.

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