Bernardin de Saint-Pierre

Bernardin de Saint Pierre (1737 — 1814) est né au Havre. Imagination rêveuse, la vue d’une fleur le ravit en extase; esprit aventureux et indiscipliné, il tente plusieurs carrières, erre en Allemagne, en Russie, dans l’Ile de France, et revient aussi pauvre et aussi mécontent qu’il était parti. A 36 ans il se fixa à Paris, se lia intimement avec Jean Jacques Rousseau, se consacra aux lettres et vécut modestement du produit de sa plume. Les Études de la Nature (1784) éveillèrent l’attention. Un simple et touchant récit Paul et Virginie (1787) acheva de populariser l’auteur. En 1790 Louis XVI le nomma intendant du Jardin des Plantes: Napoléon I, son admirateur enthousiaste, le dota d’une riche pension.

Le charme durable des œuvres de Saint Pierre est dans le sentiment vrai de la nature et l’élégante simplicité du style. A défaut de christianisme positif, il voit partout Dieu dans sa création.

Paul et Virginie (1787) est le chef d’œuvre du roman pastoral français. Il s’agit de deux enfants de nature, élevés dans l’île Bourbon (aujourd’hui île Réunion) par leurs mères; ils grandissent ensemble et s’aiment dans tout le bonheur de la pureté première. Nulle aventure si ce n’est le départ de Virginie pour la France et sa mort violente au retour; elle est engloutie dans un naufrage en touchant au port, et Paul en meurt de chagrin.

Schmidt

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  • Bernardin de Saint-Pierre

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    Bernardin de Saint-Pierre était né au Havre. D’un caractère rêveur, inconstant, il mena d’abord une vie aventureuse, cherchant tour à tour des moyens d’existence en Allemagne, en Hollande, en Russie, puis à l’Île de France, où il servit trois ans en qualité d’ingénieur. Au retour de ce dernier voyage, s’étant fixé à Paris, il se lia intimement avec J.-J. Rousseau et se fit le compagnon de ses promenades solitaires. L’immense succès de ses Études de la nature (1784), de son roman Paul et Virginie (1787), le tira enfin de l’indigence.

    Les Études de la nature, dont on peut rapprocher les Harmonies de la nature (1796), tiennent plus au genre de Rousseau qu’à celui de Buffon. Bernardin de Saint-Pierre décrit avec sentiment; il s’attache aux faits de détail, s’émeut devant un faible insecte, devant la feuille de fraisier. Philosophe déiste, il s’efforce de justifier la Providence contre les athées, tirant ses preuves des causes finales, c’est-à-dire de l’harmonie et des contrastes qui éclatent dans la création. Moraliste misanthrope, il prétend ramener les hommes au bonheur en les ramenant à la nature, et répète volontiers, après son maître, que tous les maux viennent de la société.

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    Le roman de Paul et Virginie met dans tout son jour le riche talent de coloriste que Bernardin possède au plus haut degré. Un récit des plus simples, une sorte d’idylle, dont les scènes se déroulent à l’Île de France, en face de cette luxuriante nature des tropiques que l’auteur avait lui-même contemplée: tel est l’ouvrage. Il demeure, sous certains rapports, le chef-d’œuvre du genre. La chaumière indienne, autre roman de Bernardin de Saint-Pierre, est inférieur à celui-ci.

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  • Une tempête

    Tempête (1754) – Claude Joseph Vernet (1714–1789)

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    La mer, soulevée par le vent, grossissait à chaque instant, et tout le canal compris entre cette île et l’île d’Ambre n’était qu’une vaste nappe d’écumes blanches, creusée de vagues noires et profondes. Ces écumes s’amassaient dans le fond des anses à plus de six pieds de hauteur, et le vent, qui en balayait la surface, les portait par-dessus l’escarpement du rivage à plus d’une demi lieue dans les terres. A leurs flocons blancs et innombrables qui étaient chassés horizontalement jusqu’au pied des montagnes, on eût dit d’une neige qui sortait de la mer. L’horizon offrait tous les signes d’une longue tempête ; la mer y paraissait confondue avec le ciel. Il s’en détachait sans cesse des nuages d’une forme horrible, qui traversaient le zénith avec la vitesse des oiseaux, tandis que d’autres y paraissaient immobiles comme de grands rochers. On n’apercevait aucune partie azurée du firmament ; une lueur olivâtre et blafarde éclairait seule tous les objets de la terre, de la mer et des cieux.

    Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814), Paul et Virginie (1788)

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    Bernardin de Saint-Pierre

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