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Buffon (1707 — 1788)

George Leclerc, créé comte de Buffon par Louis XV, naquit à son château près de Dijon, où son père était conseiller du parlement. S’étant lié avec le jeune duc de Kingston, il entreprit avec lui son seul voyage en Italie et en Angleterre. Il se fit connaître d’abord par des travaux de physique et fut admis en 1733 à l’Académie des sciences. Six ans plus tard Louis XV le nomma Intendant du Jardin du Roi (aujourd’hui Jardin des Plantes) à Paris. Dès lors sa vocation fut décidée: il se proposa d’étudier et de décrire la nature entière dans ses trois règnes, et ce travail gigantesque l’occupa tout le reste de sa vie et lui valut toutes les douceurs de la gloire. Souverains et peuples de l’Europe l’adulaient; l’Académie l’appela dans son sein (1753), et sa réception fut marquée par son admirable Discours sur le Style (Le style c’est l’homme). De son vivant une statue lui fut dressée à l’entrée du musée d’histoire naturelle. Est-il surprenant que Buffon en arriva à s’admirer lui-même avec une naïve franchise? Sa fin fut chrétienne; il mourut à Paris à la veille de la révolution qui devait envoyer son fils unique à l’échafaud.

L’Histoire Naturelle de Buffon demeura inachevée malgré le concours dévoué de ses collaborateurs. Elle comprend trente six volumes (1749 — 1788): Histoire de la Terre, Histoire des Minéraux, Epoques de la Nature, Histoire des Animaux, Comparaison avec l’Homme. Animaux domestiques et sauvages. Oiseaux. Buffon manque de la précision scientifique qui fait le mérite de son contemporain et adversaire le naturaliste suédois Linné, mais il introduit l’histoire naturelle dans la littérature en revêtant le langage de la science d’un style pur et élevé et parfois de la magnificence d’expression de la poésie. Il est le créateur de l’éloquence descriptive (Portraits du Cheval, du Chien, de l’Ecureuil, de l’Oiseau mouche, etc.).

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    Buffon (1707-1788)

    De tous les écrivains qui ont illustré la littérature française, il n’en est peut-être pas un qui soit plus justement célèbre et plus populaire que Buffon. C’est qu’il est en effet considéré comme le créateur d’une science nouvelle; car avant lui on ne possédait en France aucun ouvrage de quelque importance sur l’Histoire naturelle. À Buffon était réservée la gloire de réunir toutes les notions éparses dans une multitude d’écrits, et d’exposer, dans un langage aussi pur qu’élégant, l’Histoire de la Nature.

    Georges-Louis LECLERC, comte de BUFFON, naquit à Montbard (Côte-d’Or), le 7 septembre 1707. Son père, Benjamin Leclerc de Buffon, était conseiller au Parlement de Dijon. Après avoir fait de brillantes études au collège de ce cette ville, le jeune Buffon se lia par hasard avec un Anglais de son âge, le duc de Kingston, dont le gouverneur lui inspira le goût des sciences. Ils voyagèrent ensemble, d’abord en France et en Italie, puis en Angleterre. Là, pour se perfectionner dans la connaissance de la langue anglaise, Buffon entreprit de traduire deux ouvrages de sciences : la Statique des Végétaux, de Hales, et le Traité des Fluxions, de Newton. Ce furent ces premiers écrits qui le firent connaître du public. Il ne s’en tint pas là. Poussé par sa passion pour les sciences, il s’adonnait en même temps à l’étude de la physique, de la géométrie et de l’économie rurale. Il construisait un miroir ardent, à l’exemple d’Archimède, pour incendier les corps à grande distance; il recherchait les moyens d’augmenter la force de résistance des bois, principalement en écorchant les arbres avant de les abattre; enfin les Mémoires qu’il adressait à l’Académie des sciences lui méritaient l’honneur d’être élu membre de cette Académie, en 1733, à l’âge de vingt-six ans.

    Cependant Buffon jusqu’alors, tout en s’adonnant aux sciences d’une manière générale, n’avait pas encore trouvé sa voie. Une circonstance particulière vint décider de sa vocation, et lui ouvrir cette carrière où il s’est immortalisé. Dufay, intendant du Jardin du Roi (aujourd’hui Jardin des Plantes), avait pris Buffon en amitié, et, lorsqu’on 1739 il se sentit atteint d’une maladie mortelle, il le désigna au ministre comme le seul homme capable de le remplacer. Le ministre se rendit à l’avis du mourant, et Buffon, à peine âgé de trente ans, succéda à son ami Dufay. Dès lors, il consacra tous ses instants à l’étude de l’Histoire naturelle; mais, se défiant de ses forces, il s’adjoignit des hommes d’un talent supérieur, entr’autres le célèbre Daubenton, auquel il réserva la partie technique et anatomique, tandis que lui-même traitait les théories générales, la description pittoresque des mœurs des animaux, ou celle des grands phénomènes de la Nature. C’est ainsi qu’après dix ans de recherches minutieuses et de travaux soutenus, il fit paraître le premier volume de l’Histoire naturelle, qui, suivant le mot de Condorcet, « vint étonner l’Europe. »

    Ce premier volume, qui exposait d’une manière grandiose et toute nouvelle la Théorie de la Terre, n’était que la préface de l’œuvre colossale que Buffon allait accomplir avec une ardeur infatigable, soit seul, soit avec la collaboration de Daubenton, de Guéneau de Montbéliard, ou de l’abbé Bexon. Alors parurent successivement la Nature des Animaux, l’Histoire de l’Homme, l’Histoire des Quadrupèdes, 14 vol. (1751-1767); l’Histoire des Oiseaux, 8 vol. (1770-1783) ; l’Histoire des Minéraux, 5 vol. (1783-1788); enfin, six autres volumes, sous le titre de Suppléments (1774-1782), suivis d’un septième qui ne fut publié qu’après la mort de Buffon.

    Ces immenses travaux occupèrent plus de cinquante années de la vie de Buffon. Fidèle à l’exécution du plan sublime qu’il avait conçu, étranger aux cabales de la Cour, insensible aux attaques de ses ennemis, Buffon avait eu la joie de voir le gouvernement français et les souverains étrangers lui prodiguer les témoignages de leur considération. Louis XV avait érigé en comté la terre de Buffon, et, sous Louis XVI, le surintendant des bâtiments d’Angivillers lui avait fait élever de son vivant une statue à la porte du Cabinet du roi, avec cette inscription : MAJESTATI NATURE PAR INGENIUM (Son génie égale la majesté de la nature). Le renom de Buffon était tel, que, pendant la, guerre de l’indépendance américaine, on vit des corsaires renvoyer à notre grand naturaliste des caisses à son adresse, alors qu’ils retenaient celles du roi d’Espagne.

    De longues souffrances, causées par la pierre, troublèrent les dernières années de Buffon, mais sans interrompre ses travaux. Il mourut à Paris, le 16 avril 1788, âgé de 81 ans. Il laissait, d’un mariage contracté en 1762, un fils, que son nom ne devait pas protéger contre les fureurs révolutionnaires. Colonel de cavalerie, enveloppé dans la proscription des nobles, il fut condamné, à la veille du 9 thermidor, à périr sur l’échafaud.

    Certes, les œuvres de Buffon ne sont pas sans erreurs; mais, si le naturaliste n’est pas à l’abri de toute critique, « il ne peut y avoir, dit Cuvier, qu’une opinion sur Buffon, considéré comme écrivain. Pour l’élévation du point de vue où il se place, pour la marche forte et savante de ses idées, pour la noble gravité de ses expressions, pour l’harmonie soutenue de son style dans les grands sujets, il n’a peut-être été égalé par personne. »

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    Buffon (1707-1788)

    Jean-Louis Leclerc, comte de Buffon, publia, après un voyage en Italie, plusieurs travaux purement scientifiques qui le firent appeler à l’Académie des sciences en 1733. En 1739, il devint intendant du jardin du roi. Dix ans d’études et de recherches s’écoulèrent encore avant qu’il fît paraître les trois premiers volumes de son Histoire naturelle (1749). Cette œuvre immense, à laquelle il travailla toute sa vie, comprend la Théorie de la terre, l’Histoire générale des animaux, l’Histoire naturelle de l’homme, les Quadrupèdes, les Oiseaux, les Minéraux, le Traité des époques de la nature, un vrai chef-d’œuvre. Buffon est encore plus grand écrivain que grand savant: il a exposé ses idées sur le style dans son très remarquable Discours de réception à l’Académie française (25 août 1753). L’envie n’osa pas s’attaquer à son nom et il jouit dès son vivant de toute sa gloire. Un rayon de cette gloire a rejailli sur ses principaux collaborateurs: Daubenton, Guéneau de Montbeillard et l’abbé Bexon.


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  • Le tigre

    Le Tigre

    Le tigre est plus à craindre que le lion: celui-ci souvent oublie qu’il est roi, c’est-à-dire le plus fort de tous les animaux; marchant d’un pas tranquille, il n’attaque jamais l’homme, à moins qu’il ne soit provoqué; il ne précipite ses pas, il ne court, il ne chasse que quand la faim le presse. Le tigre, au contraire, quoique rassasié de chair, semble toujours être altéré de sang; sa fureur n’a d’autres intervalles que ceux du temps qu’il lui faut pour dresser des embûches; il saisit et déchire une nouvelle proie avec la même rage qu’il vient d’exercer, et non pas d’assouvir, en déchirant la première; il désole le pays qu’il habite; il ne craint ni l’aspect ni les armes de l’homme; il égorge, il dévaste les troupeaux d’animaux domestiques, met à mort toutes les bêtes sauvages, attaque les petits éléphants, les jeunes rhinocéros, et quelquefois même ose braver le lion.

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  • Le renard

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  • Le Cygne

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