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Jeunesse.
Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, naquit à Paris, où son père, calviniste genevois, fut banquier, puis ministre des finances sous Louis XVI. Dès l’enfance elle brilla dans les salons de ses parents, rendez-vous des littérateurs du 18e siècle. A 20 ans elle lisait et commentait Jean-Jacques Rousseau.

Mariage.
Son union avec le baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède à Paris (1786), ne fut guère heureuse. Au bout de 10 ans, Mme de Staël dut se séparer de son mari pour sauvegarder la fortune de ses enfants. Elle s’éprit d’abord vivement de la révolution et ensuite de Napoléon I, mais pour réprouver bientôt les excès de l’une et le despotisme de l’autre. Sous l’Empire son salon à Paris devint le foyer de l’opposition libérale.

Exil et voyages.
Bannie de France par l’empereur, elle se fixa au château paternel de Coppet sur la rive suisse du lac Léman, où elle créa un nouveau centre politique et littéraire. Elle voyagea en Italie, en Allemagne, et se lia à Weimar avec Gœthe, Schiller et Wieland; Guillaume de Schlegel fut le précepteur de ses enfants et passa douze ans dans sa maison. En 1802 Mme de Staël avait rejoint à Paris son mari malade pour lui prodiguer ses soins, et il était mort entre ses bras. Deux ans plus tard elle eut l’immense douleur de perdre son père uniquement aimé. Enfin en 1812 elle trouva le bonheur dans une seconde union qui fit sourire: elle épousa à 46 ans un jeune officier italien de 23, Albert de Rocca, romanesquement épris de son génie. La Restauration (1815) la ramena à Paris où elle mourut 2 ans plus tard.

La haute intelligence et la beauté d’âme de Mme de Staël se traduisent par la vigueur et l’élévation de la pensée. Elle est le premier auteur français cosmopolite, s’intéressant aux idées et aux productions littéraires de l’étranger, Italie, Angleterre, Allemagne, et les faisant connaître en France.

Le style est négligé et encombré de longueurs et de digressions.

Deux romans de sentiment reflètent la vie intime de l’auteur et la soif d’émancipation d’une femme supérieure. — Delphine (1802): une jeune veuve meurt pour avoir bravé l’opinion publique par de généreuses imprudences. — Corinne (1807), le chef d’œuvre, met en présence deux demi-sœurs, l’une artiste, l’autre femme d’intérieur: la seconde triomphe; pour la femme, la gloire est l’écueil du bonheur. Corinne renferme d’admirables descriptions de l’Italie.

De l’Allemagne (1810), étude intéressante qui fut une révélation pour la France. Elle traite en quatre parties 1° des mœurs, 2° de la littérature et des arts, 3° de la philosophie et de la morale, 4° de la religion et de l’enthousiasme des Allemands. Cet ouvrage contient le germe du romantisme et établit le premier la distinction entre la littérature classique, plante exotique, et la littérature romantique ou chevaleresque, crû indigène ayant seul les promesses de l’avenir.

Deux ouvrages posthumes: Dix ans d’exil (1821), récit des pérégrinations de l’auteur à travers l’Europe. — Considérations sur la Révolution française (1818), apologie de la liberté politique, dont Mme de Staël salue l’idéal, non dans la république, mais dans la monarchie constitutionnelle.

Schmidt

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IMG_8563 François Gérard. 1770-1837. Paris.
François Gérard. 1770-1837. Paris. Corinne au Cap Misène. Lyon. Sujet tiré d’un roman de Mme de Stael.

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Mme de Stael – Corinne – Élisabeth Vigée Le Brun 1808