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Notice biographique

Il est né à Nîmes et fait des études au lycée de Lyon.

Suite à la ruine de ses parents, il va à Paris chez son frère aîné, l’historien Ernest Daudet qui l’aidera dans sa carrière littéraire.

Il débute par quelques contes publiés au Figaro. Il atteint le succès en 1868 avec Le Petit Chose et devient célèbre avec Les Lettres de mon Moulin en 1869.

Daudet a écrit une pièce de théâtre, L’Arlésienne, qui restera célèbre par la musique de Bizet.

Comblé par la fortune, il se dirige vers le roman réaliste et se consacre à la peinture des moeurs contemporaines. Il meurt des suites d’une longue et douloureuse maladie en 1897.

Oeuvres
Le Petit Chose (1868)
Les Lettres de mon Moulin (1869)
L’Arlésienne (1872)
Tartarin de Tarascon (1872)
Fromont jeune et Risler aîné (1874)

Son intérêt
Les premières oeuvres sont fantastiques et poétiques tandis que Tartarin de Tarascon contient un réalisme caricatural.

Ce ne sont que ses dernières oeuvres qui constituent un tableau vraiment réaliste de la seconde moitié du siècle. Au lieu d’aborder la vie, la réalité d’une manière scientifique comme le font p. ex. Flaubert et les Goncourt, Daudet se base sur ses observations et ses impressions. Il n’est pas objectif mais observe souvent de façon ironique.

Quoique considéré comme précurseur des naturalistes par Zola, Daudet ne suit nullement la doctrine des naturalistes et ne partage certainement pas leur pessimisme.


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Le Petit Chose (1868)

Ce roman est comme une autobiographie et contient des souvenirs de jeunesse. L’historie de Daniel Eysette est donc aussi l’histoire de l’auteur lui-même et une description des moeurs dans la Provence.

Le Petit Chose : Daniel Eysette se souvient de son temps au Collège de Lyon où ses camarades plus riches se moquaient de sa ‘blouse’ et où son professeur l’appelait avec mépris “Le petit chose”.

Extrait

Daniel Eysette est surveillant au collège de Sarlande dans les Cévennes. L’élève dont il est question dans le récit, est surnommé Bamban parce qu’il est boiteux.

J’adressais chaque semaine au principal un rapport circonstancié sur l’élève Bamban et les nombreux désordres que sa présence entraînait.

Malheureusement mes rapports restaient sans réponse et j’étais toujours obligé de me montrer dans les rues, en compagnie de M. Bamban, plus sale et plus bancal que jamais.

Un dimanche entre autres, un beau dimanche de fête et de grand soleil, il m’arriva pour la promenade dans un état de toilette tel que nous en fûmes tous épouvantés. Vous n’avez jamais rien rêvé de semblable. Des mains noires, des souliers sans cordons, de la boue jusque dans les cheveux, presque plus de culottes …, un monstre.

Le plus risible, c’est qu’évidemment on l’avait fait très beau, ce jour-là, avant de me l’envoyer. Sa tête, mieux peignée qu’à l’ordinaire, était encore roide de pommade, et le noeud de cravate avait je ne sais quoi qui sentait les doigts maternels. Mais il y a tant de ruisseaux avant d’arriver au collège!

Bamban s’était roulé dans tous.

Quand je le vis prendre son rang parmi les autres, paisible et souriant comme si de rien n’était, j’eus un mouvement d’horreur et d’indignation.

Je lui criai : “Va-t-en!“

Bamban pensa que je plaisantais et continua de sourire. Il se croyait très beau, ce jour-là!

Je lui criai de nouveau : “Va-t-en ! va-t-en !“

Il me regarda d’un air triste et soumis, son oeil suppliait, mais je fus inexorable et la division s’ébranla, le laissant seul au milieu de la rue. Je me croyais délivré de lui pour toute la journée, lorsqu’au sortir de la ville des rires et des chuchotements à mon arrière-garde me firent retourner la tête. A quatre ou cinq pas derrière nous, Bamban suivait la promenade gravement.

“Doublez le pas”, dis-je aux deux premiers.

Les élèves comprirent qu’il s’agissait de faire une niche au bancal, et la division se mit à filer un train d’enfer.

De temps en temps, on se retournait pour voir si Bamban pouvait suivre, et on riait de l’apercevoir là-bas, bien loin, gros comme le poing, trottant dans la poussière de la route, au milieu des marchands de gâteaux et de limonade. Cet enragé-là arriva à la Prairie presque en même temps que nous. Seulement, il était pâle de fatigue et tirait la jambe à faire pitié.

J’en eus le coeur touché et, un peu honteux de ma cruauté, je l’appelai près de moi doucement.

Il avait une petite blouse fanée, à carreaux rouges, la blouse du petit Chose, au collège de Lyon.

Je la reconnus tout de suite, cette blouse, et, dans moi-même, je me disais : “Misérable, tu n’as pas honte ? Mais c’est toi, c’est le petit Chose que tu t’amuses à martyriser ainsi.” Et, plein de larmes intérieures, je me mis à aimer de tout mon coeur ce pauvre déshérité.

Bamban s’était assis par terre à cause de ses jambes qui lui faisaient mal. Je m’assis près de lui. Je lui parlai … Je lui achetai une orange … J’aurais voulu lui laver les pieds.


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Tartarin de Tarascon (1872)

Tartarin s’est fait une réputation de terrible chasseur et se voit obligé d’aller en Algérie pour tuer des lions. Dans l’extrait, on assiste au départ du héros et à l’enthousiasme des Tarasconnais pour leur idole.

Extrait

Enfin, il arriva, le jour solennel, le grand jour.

Dès l’aube, tout Tarascon était sur pied, en combrant le chemin d’Avignon et les abords de la petite maison du baobab.

Toute cette foule se pressait, se bousculait devant la porte de Tartarin, ce bon M. Tartarin, qui s’en allait tuer des lions chez les
Teurs …

Au milieu de cette cohue, les chasseurs de casquettes allaient et venaient, fiers du triomphe de leur chef, et traçant sur leur passage
comme des sillons glorieux.

Devant la maison du baobab, deux grandes brouettes … Des hommes apportaient des malles, des caisses, des sacs de nuit, qu’ils empilaient sur les brouettes. A chaque nouveau colis, la foule frémissait. On se nommait les objets à haute voix. “Ça, c’est la tente-abri … Ça, ce sont les conserves … la pharmacie … les caisses d’armes …“ Et les chasseurs de casquettes donnaient des explications.

Tout à coup, vers dix heures, il se fit un grand mouvement dans la foule.

La porte du jardin tourna sur ses gonds violemment.

“C’est lui ! … C’est lui ! …” criait-on.

C’était lui …

Quand il parut sur le seuil, deux cris de stupeur partirent de la foule : “C’est un Teur ! … – Il a des lunettes ! “

Tartarin de Tarascon, en effet, avait cru de son devoir, allant en Algérie, de prendre le costume algérien. Large pantalon bouffant de
toile blanche, petite veste collante à boutons de métal, deux pieds de ceinture rouge autour de l’estomac, le cou nu, le front rasé, sur sa tête une gigantesque chéchia (bonnet rouge) et un flot bleu d’une longueur ! … Avec cela, deux lourds fusils, un sur chaque épaule, un grand couteau de chasse à la ceinture, sur le ventre une cartouchière, sur la hanche un revolver se balançant dans sa poche de cuir. C’est tout … Ah ! pardon, j’oubliais les lunettes, une énorme paire de lunettes bleues, qui venaient là bien à propos pour corriger ce qu’il y avait d’un peu trop farouche dans la tournure de notre héros !

-Vive Tartarin ! … Vive Tartarin, hurla le peuple …

Calme et fier, quoiqu’un peu pâle, il s’avança sur la chaussée, regarda ses brouettes, et, voyant que tout était bien, prit gaillardement le chemin de la gare … L’express Paris-Marseille n’était pas encore arrivé. Tartarin et son état-major entrèrent dans la salle d’attente.
Pour éviter l’encombrement, derrière eux le chef de gare fit fermer les grilles.

Pendant un quart d’heure, Tartarin se promena de long en large dans les salles, au milieu des chasseurs de casquettes. Il leur parlait de son voyage, de sa chasse, promettant d’envoyer des peaux. On s’inscrivait sur son carnet pour une peau comme pour une contredanse …

Enfin la cloche sonna. Un roulement sourd, un sifflet déchirant ébranla les voûtes. En voiture ! en voiture !

– Adieu, Tartarin … ! Adieu, Tartarin … !

– Adieu, tous ! … murmura le grand homme.

Et, sur les joues du brave commandant Bravida, il embrassa son cher Tarascon.

Puis, il s’élança sur la voie et monta dans un wagon plein de Parisiennes qui pensèrent mourir de peur en voyant arriver cet homme étrange avec tant de carabines et de revolvers.

Vocabulaire
baobab : Tartarin rêve d’expéditions lointaines et n’a que des plantes exotiques dans son jardin
les Teurs : les Turcs : ainsi les Tarasconnais désignaient les Orientaux
les chasseurs de casquette : selon Daudet, les chasseurs à Tarascon lancent leur casquette en l’air et s’exercent à l’attraper en plein vol
un flot : houppe du bonnet oriental.


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  • Alphonse Daudet

    Alphonse Daudet, né le 13 mai 1840 à Nîmes dans le département du Gard et mort le 16 décembre 1897 à Paris, est un écrivain et auteur dramatique français. (Wikipédia)

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  • Alphonse Daudet

    Alphonse Daudet

  • DAUDET Alphonse

    Alphonse Daudet est né le 13 mai 1840 à Nîmes dans le Gard. Il entre au lycée Ampère de Lyon mais Alphone Daudet à 16 ans lorsque, son père, commerçant dans les soiries est ruiné. A 18 ans il publie un recueil de poésie « les amoureuses ». Il doit renoncer à passer son baccalauréat et devient maître d’étude au collège d’Alès.

    En 1859 il rencontre le poète « Frédéric Mistral », celui qui aimait rendre… « La vogue au provençal par le souffle et la flamme de la divine poésie ». A 20 ans, il est le secrétaire du « Duc de Morny », député du Puy-de-Dôme. Il écrira des contes car le Duc lui laissait beaucoup de temps libre.

    A l’âge de 30 ans (environ) il rejoint son frère à Paris et a des habitudes de vie irrégulières. Il participe à des salons littéraires puis travaille pour des journaux : « Paris-Journal, L’Universel et Le Figaro » « Le Roman du Chaperon Rouge » en 1862 verra le jour. Il publie aussi des nouvelles « Promenades en Afrique » (1862) « La mule de Cadi » (1863). Le théâtre ne sera pas en reste : « L’Œillet blanc », où il participe avec d’Ernest Lépine qui était lui aussi secrétaire du « Duc de Morny ».

    En 1866, parurent dans « l’Événement »  les « Lettres de mon moulin », signées Gaston-Marie, et qui fut un succès auprès du public. Cette œuvre sut restituer les odeurs de la Provence avec des personnages pittoresques.

    Il se marie en 1867, avec Julia Allard. Les Daudet s’installent à Champrosay, dans une maison qui se trouve être l’ancienne demeure du peintre Delacroix. “Nous habitons entre la Seine et la forêt de Sénart une petite maisonnette où il y a deux chambres en trop. À une demi-heure de là mon beau-père a sa chasse en pleine forêt de Sénart : lièvres, perdrix, faisans, lapins, même chevreuil. Venez passer quelques jours avec nous… Les jours où vous ne chasseriez pas, nous irons à Paris qui est à une demi-heure en chemin de fer”, écrit, à l’été 1868, Daudet à un ami.

    Puis vient « Le petit Chose » la même année, qui est une oeuvre autobiographique sur son premier emploi de maître d’étude.

    Daudet est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1870. Pendant la guerre et le siège de Paris, il est dans la garde nationale ; il quitte la capitale en avril 1871. Les évènements dont il fut témoin pendant la guerre de 1870 lui inspirèrent en 1871, les « Lettres à un absent » livre gonflé de patriotisme.

    En 1872, il publie « Tartarin de Tarascon » personnage mythique qui déboucha sur « Les contes du lundi » en 1873.

    Il a un succès grandissant. En 1879, il est atteint d’une maladie incurable de la moelle épinière, mais continue de publier jusqu’en 1895. Il s’éteint le 16 décembre 1897 à Champrosay où durant près de trente ans, il a régulièrement résidé. Le village et ses environs lui inspireront nombre de situations décrites dans ses romans.

    D’après une biographie rédigée par Dick Gehenot et publiée sous Licence Art Libre (LAL 1.3) (Source : Archives départementales de l’Essonne. et http://www.jesuismort.com)

    Oeuvres

    Le Nabab
    Tartarin sur les Alpes
    Rose et Ninette
    Les Femmes d’Artistes
    La Belle-Nivernaise
    Lettres de mon Moulin
    Le Petit Chose
    Contes du Lundi
    Tartarin de Tarascon
    Sapho


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