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Jeunesse (1803 — 1825).
Prosper Mérimée, né à Paris, était fils unique d’artistes et ne reçut jamais le baptême. Ses études furent médiocres: ce n’est qu’au sortir du collège à 17 ans qu’il sentit s’éveiller en lui cet esprit d’investigation qui le rendit un des plus grands érudits de son temps. En 5 ans il maîtrisa 6 langues étrangères et l’archéologie, tout en dévorant la littérature française du 12e au 19e siècle. Le dandy n’y perdait rien; au café de la Rotonde Mérimée fréquentait les pires viveurs, Stendhal, Sainte Beuve, Musset, et se faisait la plus détestable des réputations.

Carrière administrative et litteraire (1825 — 1852).

Dénué de fortune personnelle, Mérimée se crée de bonne heure des moyens d’existence positifs. A 20 ans, il entre dans l’administration ; à 35, il devient chef de bureau au ministère de la marine; à 40, il est nommé inspecteur des monuments historiques de France. — D’autre part, ses premiers vers datent de 1825; en 1827 il se place à l’avant garde du jeune bataillon romantique, qu’il allait persifler dans la suite. De 1830 à 1840 il égrène ses nouvelles à frisson, qui portent aux nues son renom d’écrivain. Avec Musset, il devient le lion des salons élégants. L’Académie toutefois hésite devant son cynisme et ne l’admet qu’en 1844 à une infime majorité de voix.

Vie de cour (1852 — 1870).
Toutefois, absorbé par ses tournées d’inspection, Mérimée avait peu à peu déserté la plume et s’était fait quasi oublier, quand un événement imprévu vint à 50 ans le remettre en pleine lumière. Dans un voyage en Espagne (1830) il s’était lié intimement avec une femme de beauté et d’esprit, la comtesse de Téba et de Montijo, dont la fille cadette Eugénie prit place en 1853 sur le trône de France aux côtés de Napoléon III. Ancien ami de la nouvelle impératrice, Mérimée se vit aussitôt nommer sénateur et prit pied à la cour. II devint le commensal habituel de la famille impériale, et partagea pendant 17 ans les fêtes officielles des Tuileries, les divertissements semi-officiels de Saint Cloud, la libre vie de château de Fontainebleau et l’intimité quasi bourgeoise de Biarritz.

Sa santé déclina vers 1870. Aux premiers revers de la France, il comprit que tout était perdu. Mourant, il se traîna le 4 septembre aux Tuileries près de l’impératrice et au ministère près de Thiers, espérant négocier le maintien de l’empire. Déçu de part et d’autre, il se laissa entraîner par des amis à Cannes, où il expira 15 jours plus tard. Dans l’enterrement protestant que réclamait un codicille de son testament, les uns ont vu une conversion in extremis, les autres le simple désir d’être correct jusqu’au bout.

Ouvrages

Fond. Très complexe, Mérimée est romantique par les sujets violents, les dénouements tragiques et mystérieux; classique par la discrète impersonnalité qui laisse parler les faits et par la correction impeccable du style; réaliste par l’audace risquée de la pensée et de l’expression et l’authenticité scrupuleuse de la couleur locale. Son fort est la nouvelle brève et concise, la nouvelle à frisson; il la frappe comme une médaille, excluant tout trait inutile ou médiocre.

Forme
Mérimée est un des purs artistes de la langue française. Sa petite phrase sèche, incisive, cinglante, donne en deux mots le détail suggestif, la note caractéristique d’un homme, d’un paysage, d’une époque.

Énumération.
Deux mystifications en vers Théâtre de Clara Gazul (1825), collection de 5 drames passionnels de jeunesse que l’auteur attribue à une prétendue actrice espagnole. — La Guzla (1827), collection de ballades populaires que Mérimée attribue au prétendu poète illyrien Hyacinthe Maglanowitch.

Un drame historique La Jacquerie (1828), tableaux peu liés, tirés de la révolte sanglante des paysans français contre les seigneurs pendant la captivité de Jean III le Bon (14e s.). — Un roman historique à la Walter Scott Chronique du Temps de Charles IX, excès de la Ligue (16e s.); avec raison Mérimée voit dans la Saint Barthélémy un fait plus politique que religieux.

Trois recueils de courtes nouvelles (1830 — 1846).

Mateo Falcone, père corse tuant son jeune fils coupable de trahison. — L’ Enlèvement de la Redoute, admirable tracé d’un épisode de bataille. — Vision de Charles IX roi de Suède, prévoyant sa mort sur l’échafaud. — Tamango, vengeance d’un chasseur d’esclaves noirs.

Colomba (1840), le chef d’œuvre traduit dans toutes les langues; vendetta corse qui révèle des trésors de haine dans un cœur de jeune fille. — Carmen (1845), gitane espagnole perdant un jeune officier.

La correspondance de Mérimée, publiée après sa mort, lui a valu une célébrité posthume. Il s’y révèle d’une part ami sûr et discret entre tous, et de l’autre, chroniqueur exquis de la société française entre 1830 et 1870; tableau de mœurs d’autant plus sincère qu’il est jeté sur le papier au jour le jour sans être retouché.
De l’ensemble se détache la correspondance suivie avec 4 femmes. — Lettres à une Inconnue (1873); ce roman par lettres de Mérimée avec Jenny Dacquin, fille d’un notaire à Boulogne-sur-Mer est un des meilleurs de la littérature française et dura 33 ans (1837 — 1870). Elle désirant le mariage, lui ne le voulant pas, ils se promettent et se gardent amitié pour la vie. — Lettres à une autre Inconnue (1875) s’adressent à une grande dame parisienne du Second Empire, la présidente Przedziecka (1857 — 1867) et sont de piquantes confidences de salon et de cour. — Lettres à la Comtesse de Montijo (1900) vont de 1830 à 1870, et offrent des croquis inestimables de politique, de littérature et de mœurs. — Lettres inédites (1896) s’adressent à une dame âgée qui avait entrepris par écrit la conversion religieuse de Mérimée (1860 — 1870); un aveu les termine: « Je pense beaucoup à Dieu et à l’autre monde, quelquefois avec espérance, quelquefois avec doute; Dieu me semble très probable ».

Schmidt

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Prosper Mérimée (1803-1870)

Prosper Mérimée nait à Paris le 28 août 1803. Son père enseigne le dessin et sa mère, Anne Moreau (descendante de « Marie Leprince de Beaumont », auteur de « La Belle et la Bête »), initie des étudiants à l’art de la peinture. Mérimée vit heureux dans cette famille bourgoise et sereine. 1818, Prosper apprend l’anglais avec des élèves Britanique que sa mère instruit. Il fait ses études au Lycée Henri IV à Paris, il lit des amitiés avec les fils de l’élite parisienne. Mérimée fait son droit et obtient son diplôme en 1823 et durant ses études il fréquente des salons littéraire. Mérimée est libertin et se laissera blesser de trois balles par le mari de sa maîtresse. Il eut une aventure éphémère avec Gorge Sand. Il tombe tout de même amoureux de « Valentine Delessert ». « Il me semblait que je m’unissais à elle plus intimement par cette vie de hasards et de rébellion… » Cet extrait de Carmen résume bien ses sentiments amoureux…

Prosper Mérimée fréquente « le Cénacle » de « Victor Hugo ». Athée comme ses parents, il ne donne pas une place importante à l’anticléricalisme dans ses œuvres. Mérimée écrira de façon intensive. Il voyage beaucoup et se lie d’amitié avec Stendal. 1825 Prosper Mérimée publie le « Théâtre de Clara Gazul » en et 1827, « La Guzla » (anagramme avec Gazul), deux œuvres que Prosper Mérimée rend hommage tout d’abord à une comédienne « Clara Gazu » et pour la seconde à « Maglanovitch Hyacinthe». 1828, il publie de « La Jacquerie », un drame historique sur fond de scènes féodales. 1829 Mérimée publie des nouvelles « La Chronique du temps de Charles IX », « Vision de Charles IX », « L’Enlévement de la Redoute ». 1830 il est bien vu de la monarchie de juillet qui offrira à ses œuvres encore plus de popularité. Il occupe différentes postes administratifs aux « ministères de la Marine et du Commerce ». Il est chargé des « Beaux-Arts » comme chef de cabinet auprès du comte d’Argout. 1831 il est nommé « chevalier de la légion d’honneur » et effectue son service militaire, dans la garde nationale.
1834 Mérimée est nommé « inspecteur général des Monuments historiques » à la place de « Louis VITET » et voyage dans le Midi de la France et publie « Les Âmes du purgatoire ». Mérimée écrit beaucoup, 1837 « La Venus d’Ille » un « Essai » sur « l’architecture religieuse au Moyen Age ». 1839 Prosper Mérimée devient vice-président de la Commission des Monuments historiques, poste qu’il gardera jusqu’à sa mort. 1840 « Colomba », 1843 il est Rapporteur de la Commission pour la restauration de Notre-Dame de Paris est la même année « membre libre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres », il publie un article sur le « Palais de Justice » et la « Sainte-Chapelle » dans la « Revue des Beaux-Arts ». 1844 Il est élu à l’Académie française. 1845 Prosper Mérimée écrira « Carmen ». Il demandera des fonds pour la restauration des monuments en France
Mérimée deviendra historien, et traduira de la littérature russe. 1852 Il est promu « officier de la Légion d’Honneur » et nommé membre de la « Commission du musée des souverains ». 1860 il devient « commandeur de la Légion d’Honneur » puis 1866 « grand officier de la Légion d’honneur ». L’architecte Émile Boeswillwald (1815-1896) le remplace comme « inspecteur général des Monuments historiques ». 1869, son décès est annoncé par erreur dans Le Figaro du 10 mars. 1870 Prosper Mérimée meurt à Cannes le 23 septembre. Il sera enterré au cimetière anglais.

Biographie rédigée par Corinne Vomscheid et Richard Gehenot et publiée sous Licence de documentation libre (GFDL 1.2)

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