Octave Feuillet naquit à St. Lô en Normandie en 181 2, et mourut le 28 décembre 1890. Sa vie fit peu de bruit et eut peu d’éclat.

Il se fit remarquer de bonne heure par ses aptitudes littéraires. Il suivit d’abord les traces des écrivains qui paraissaient être les maîtres du jour, G. Sand, Musset, Balzac et Sandeau. Cela se voit par ci par là dans ses premières œuvres, Scènes et Proverbes,mais ce qu’on y remarque surtout, c’est l’élégance, la vérité et une rare justesse d’accent. Un autre caractère — c’est que chacune de ses pièces avait un sens; elle tendait à prouver quelque chose, et le prouvait.

Ses romans, plus que ceux d’aucun autre romancier, ont les qualités propres aux pièces de théâtre: peu de descriptions, peu de portraits, mais des faits, des sentiments, des discours ou des actions.

Il avait l’art du dialogue et le talent de le faire servir à la peinture des caractères et des passions. Il avait l’imagination romanesque et le tour d’esprit optimiste.

Le romanesque et l’optimisme n’ont pas consisté pour lui à croire que les choses finissent par s’arranger. Personne n’a écrit des romans plus tragiques, à dénouements plus cruels, sanglants et irréparables. Il ne le manifeste non plus par l’invraisemblance des événements ni par l’idéalisation des personnages. La plupart de ses écrits sont des scènes de la vie réelle, et quelques uns de ses personnages très près d’être de simples criminels. Ce qu’on peut dire, c’est qu’il a commencé par croire la vie plus facile et l’humanité meilleure qu’elles ne le sont, le devoir plus agréable et la passion plus aisée à diriger.

Il y avait en lui un goût inné pour la distinction. Son éducation et son instinct l’éloignaient de tout ce qui est grossier et vulgaire. Il sentait le besoin d’un idéal, et il le défendit contre les attaques du naturalisme et du positivisme. Il revendique pour l’art en général et pour le roman en particulier le droit de discuter les idées les plus hautes; il s’en est servi pour aborder des questions intéressantes et répandre certaines idées. Il serait étrange de lui en faire un reproche. Quiconque écrit a le droit de donner son opinion sur les choses, et les idées qu’un romancier croit justes, il n’a pas besoin, plus qu’un autre homme, de les cacher ou de les laisser en dehors de son œuvre, sous prétexte que cela ne se convient pas dans une œuvre d’art. L’art est plus humain que cela, et l’artiste a le droit de se préoccuper de tout ce qui agite et remue la société.

Une préoccupation a passé pour Octave Feuillet avant toutes les autres; c’est celle de la condition des femmes. Il s’est constitué leur avocat, et dans ceux même de ses romans où il les maltraite, c’est leur cause qu’il plaide.

Il s’est limité à la peinture du monde, surtout du beau monde, et aimait aussi peu à disserter qu’à décrire. Mais tout en demeurant le plus mondain des romanciers, il en est le plus hardi et le plus pathétique.

A part Le Roman d’un jeune homme pauvre, Un Mariage dans le monde et Les Amours de Philippe, tous ses romans finissent mal. Nul ne s’est moins soucié que lui de punir le vice ou de récompenser la vertu, mais nul n’a plus sûrement apprécié ce qui fait l’honneur des hommes et la vertu des femmes.

Il avait l’âme noble et naturellement haute. Ceux- là même qui n’ont point beaucoup d’admiration pour son œuvre conviennent qu’Octave Feuillet était un modèle de galant homme.

Peu d’artistes ont reçu sa forte éducation morale, peu d’artistes ont travaillé plus patiemment, plus constamment à la perfectionner; c’est pourquoi il y en a peu qui aient laissé une œuvre plus noble en son ensemble, et où l’on voie plus distinctement ce que peut l’alliance du talent et du caractère.

Ses principales œuvres dramatiques sont: La Crise, Rédemption, La Partie de dames, La Clé d’or, Le Village, Le Cheveu blanc, Dalila, Le Pour et le Contre, Péril en la demeure, La Fée, La Tentation, Montjoye, Le Roman d’un jeune homme pauvre, Le Sphinx. Ses principaux romans: Le Roman d’un jeune homme pauvre, La Petite Comtesse, Les Amours de Philippe, Sibylle, Un Mariage dans le monde, La Morte, Honneur d’artiste.

(Source: Aubert 2)

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