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  • Biographie de Stendhal | pdf
    I. L’enfance et l’adolescence à Grenoble, 1783-1799 II. Projets, hésitations et réussite, 1799-1814 III. L’Italie, 1814-1821 IV. Stendhal « romantique », 1821-1826 V. Les débuts de Stendhal romancier, Armance et Le Rouge et le Noir 1826-1830 VI. Stendhal consul, 1830-1836 VII. Finir son oeuvre et sa vie, 1836-1842

Notice biographique

Marie-Henri Beyle, né à Grenoble en 1783, a connu une enfance plutôt malheureuse. De bonne heure il a perdu sa mère, s’est révolté contre son père et son précepteur.

Aux études, il manifeste un goût particulier pour les mathématiques ce qui reflète son besoin d’analyse et de logique.

De 1800 à 1814, il est à l’armée. Il exerce ses fonctions en Allemagne, en Italie, en Autriche.

De 1814 à 1821, il s’installe à Milan où il entreprend des travaux de critique musicale et picturale.

En 1817, il publie un premier ouvrage sous le nom de Stendhal, un pseudonyme tiré du nom de la petite ville allemande Stendhal.

De 1821 à 1830, il fréquente les salons parisiens et écrit quelques ouvrages de réflexion littéraire. A la fin de 1830, il publie Le Rouge et le Noir, un roman d’analyse et son premier chef-d’oeuvre.

De 1830 à 1842, il entre dans la diplomatie et devient consul à Trieste et à Civita-Vecchia. Il écrit et voyage beaucoup. Malade, il retourne à Paris et y meurt en 1842.

Il a laissé de nombreux manuscrits inachevés qui ont été publiés après sa mort.

Oeuvres

Le Rouge et le Noir (1830)
La Chartreuse de Parme (1839)
La Vie de Henri Brulard (1890)

Son intérêt

Stendhal est un auteur romantique en même temps que réaliste. Ses romans sont en partie autobiographiques, il aime les aventures romanesques et les coups de théâtre multipliés.

Son réalisme consiste en une série de tableaux vraisemblables et émouvants. Il est avant tout soucieux de la vérité. Il contrôle les réactions de ses personnages selon les méthodes empruntées aux sciences exactes. Il se base sur des événement réels et place ses personnages dans des milieux qu’il connaît bien.

Il était préoccupé de voir la réalité dans sa nudité et sa banalité et de l’interpréter avec une ironie qui ne respecte rien.

Mais ce qui est plus important, Stendhal est considéré aujourd’hui comme le précurseur des analyses psychologiques : le psychologue l’emporte sur le réaliste.

Stendhal est très objectif dans son style. L’idéal pour lui c’est la sécheresse du Code civil. Cette recherche d’un tour froid l’apparente aux réalistes et aux naturalistes.


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stendhal

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Le Rouge et le Noir

(1830)

Le Rouge et le Noir a un sous-titre révélateur : Chronique de 1830. C’est un tableau de la société française et des moeurs politiques.

Contenu

Dans la première partie, Julien Sorel est un jeune homme ambitieux de 18 ans. Il voudrait entrer dans les premiers rangs de la société mais son origine le rend impossible.

Depuis la chute de Napoléon, une carrière aux armes (le Rouge) n’est plus possible. Sous la Restauration, il doit réussir au moyen de l’Eglise (le Noir).

Il devient précepteur chez Mme de Rênal, qui tombe amoureuse de lui de sorte que Julien quitte la maison et entre au séminaire.

Dans la deuxième partie, il est secrétaire particulier chez le marquis de la Mole : c’est l’entrée de Julien dans “le monde”. La fille du marquis, Mathilde, devient la maîtresse de Julien et dès lors, le roman ne donne que la lutte entre ces deux caractères.

Lorsque Mathilde est enceinte, Julien doit l’épouser et il reçoit des titres de noblesse : il a atteint son but suprême.

C’est à ce moment que tout va se gâcher : une lettre de Mme de Rênal dénonce l’hypocrite. Furieux, Julien va acheter des pistolets et tire deux coups sur Mme de Rênal, qui n’est que légèrement blessée.

Julien est arrêté et condamné à la guillotine.

Extrait

Cette scène marque un tournant décisif dans le roman. Elle est aussi très caractéristique de l’art de Stendhal : il n’y a pas de sentimentalité romantique mais un réalisme psychologique.

Julien était parti pour Verrières. Dans cette route rapide, il ne put écrire à Mathilde comme il en avait le projet, sa main ne formait sur le papier que des traits illisibles.

Il arriva à Verrières un dimanche matin. Il entra chez l’armurier du pays, qui l’accabla de compliments sur sa récente fortune. C’était la nouvelle du pays.

Julien eut beaucoup de peine à lui faire comprendre qu’il voulait une paire de pistolets. L’armurier, sur sa demande, chargea les pistolets.

Les trois coups sonnaient; c’est un signal bien connu dans les villages de France, et qui, après les diverses sonneries de la matinée, annonce le commencement immédiat de la messe.

Julien entra dans l’église neuve de Verrières. Toutes les fenêtres hautes de l’édifice étaient voilées avec des rideaux cramoisis. Julien
se trouva à quelques pas derrière le banc de madame de Rênal. Il lui sembla qu’elle priait avec ferveur. La vue de cette femme qui l’avait tant aimé fit trembler le bras de Julien d’une telle façon, qu’il ne put d’abord exécuter son dessein. Je ne le puis, se disait-il à lui-même; physiquement, je ne le puis.

En ce moment le jeune clerc qui servait la messe sonna pour l’élévation.

Madame de Rênal baissa la tête qui un instant se trouva presque entièrement cachée par les plis de son châle. Julien ne la reconnaissait plus aussi bien; il tira sur elle un coup de pistolet et la manqua; il tira un second coup, elle tomba.

Julien resta immobile, il ne voyait plus. Quand il revint un peu à lui, il aperçut tous les fidèles qui s’enfuyaient de l’église; le prêtre avait quitté l’autel. Julien se mit à suivre d’un pas assez lent quelques femmes qui s’en allaient en criant. Une femme qui voulait fuir plus vite que les autres le poussa rudement, il tomba. Ses pieds s’étaient embarrassés dans une chaise renversée par la foule; en se relevant, il se sentit le cou serré; c’était un gendarme en grande tenue qui l’arrêtait. Machinalement Julien voulut avoir recours à ses petits pistolets; mais un second gendarme s’emparait de ses bras.

Il fut conduit à la prison. On entra dans une chambre, on lui mit les fers aux mains, on le laissa seul; la porte se ferma sur lui à double tour; tout cela fut exécuté très vite, et il y fut insensible.

-Ma foi, tout est fini, fit-il tout haut en revenant à lui… Oui, dans quinze jours la guillotine… ou se tuer d’ici là.

Son raisonnement n’allait plus loin; il se sentait la tête comme si elle eût été serrée avec violence . Il regarda pour voir si quelqu’un le tenait. Après quelques instants, il s’endormit profondément.


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La Chartreuse de Parme.

Stendhal - La Chartreuse de Parme
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Un jour, il y avait alors près de trois mois que Fabrice était en prison sans avoir eu aucune communication quelconque avec le dehors, et pourtant sans se trouver malheureux; Grillo était resté fort tard le matin dans sa chambre; Fabrice ne savait comment le renvoyer; il était au désespoir enfin midi et demi avait déjà sonné lorsqu’il put ouvrir les deux petites trappes d’un pied de haut qu’il avait pratiquées à l’abat-jour fatal.

Clélia était debout à la fenêtre de la volière, les yeux fixés sur celle de Fabrice; ses traits contractés exprimaient le plus violent désespoir. A peine vit-elle Fabrice, qu’elle lui fit signe que tout était perdu: elle se précipita à son piano et, feignant de chanter un récitatif de l’opéra alors à la mode, elle lui dit, en phrases interrompues par le désespoir et la crainte d’être comprise par les sentinelles qui se promenaient sous la fenêtre:

– Grand Dieu! vous êtes encore en vie? Que ma reconnaissance est grande envers le Ciel! Barbone, ce geôlier dont vous punîtes l’insolence le jour de votre entrée ici, avait disparu, il n’était plus dans la citadelle: avant-hier soir il est rentré, et depuis hier j’ai lieu de croire qu’il cherche à vous empoisonner. Il vient rôder dans la cuisine particulière du palais qui fournit vos repas. Je ne sais rien de sûr, mais ma femme de chambre croit que cette figure atroce ne vient dans les cuisines du palais que dans le dessein de vous ôter la vie. Je mourais d’inquiétude ne vous voyant point paraître, je vous croyais mort. Abstenez-vous de tout aliment jusqu’à nouvel avis, je vais faire l’impossible pour vous faire parvenir quelque peu de chocolat. Dans tous les cas, ce soir à neuf heures, si la bonté du Ciel veut que vous ayez un fil, ou que vous puissiez former un ruban avec votre linge, laissez-le descendre de votre fenêtre sur les orangers, j’y attacherai une corde que vous retirerez à vous, et à l’aide de cette corde je vous ferai passer du pain et du chocolat.

Fabrice avait conservé comme un trésor le morceau de charbon qu’il avait trouvé dans le poêle de sa chambre: il se hâta de profiter de l’émotion de Clélia, et d’écrire sur sa main une suite de lettres dont l’apparition successive formait ces mots:

– Je vous aime, et la vie ne m’est précieuse que parce que je vous vois; surtout envoyez-moi du papier et un crayon.

Ainsi que Fabrice l’avait espéré, l’extrême terreur qu’il lisait dans les traits de Clélia empêcha la jeune fille de rompre l’entretien après ce mot si hardi, je vous aime; elle se contenta de témoigner beaucoup d’humeur. Fabrice eut l’esprit d’ajouter:

– Par le grand vent qu’il fait aujourd’hui, je n’entends que fort imparfaitement les avis que vous daignez me donner en chantant, le son du piano couvre la voix. Qu’est-ce que c’est par exemple, que ce poison dont vous me parlez?

A ce mot, la terreur de la jeune fille reparut tout entière; elle se mit à la hâte à tracer de grandes lettres à l’encre sur les pages d’un livre qu’elle déchira, et Fabrice fut transporté de joie en voyant enfin établi, après trois mois de soins, ce moyen de correspondance qu’il avait si vainement sollicité. Il n’eut garde d’abandonner la petite ruse qui lui avait si bien réussi, il aspirait à écrire des lettres, et feignait à chaque instant de ne pas bien saisir les mots dont Clélia exposait successivement à ses yeux toutes les lettres.

Elle fut obligée de quitter la volière pour courir auprès de son père; elle craignait par-dessus tout qu’il ne vînt l’y chercher; son génie soupçonneux n’eût point été content du grand voisinage de la fenêtre de cette volière et de l’abat-jour qui masquait celle du prisonnier. Clélia elle-même avait eu l’idée quelques moments auparavant, lorsque la non-apparition de Fabrice la plongeait dans une si mortelle inquiétude, que l’on pourrait jeter une petite pierre enveloppée d’un morceau de papier vers la partie supérieure de cet abat-jour; si le hasard voulait qu’en cet instant le geôlier chargé de la garde de Fabrice ne se trouvât pas dans sa chambre, c’était un moyen de correspondance certain.

Notre prisonnier se hâta de construire une sorte de raban avec du linge; et le soir, un peu après neuf heures, il entendit fort bien de petits coups frappés sur les caisses des orangers qui se trouvaient sous sa fenêtre; il laissa glisser son ruban qui lui ramena une petite corde fort longue, à l’aide de laquelle il retira d’abord une provision de chocolat, et ensuite, à son inexprimable satisfaction, un rouleau de papier et un crayon. Ce fut en vain qu’il tendit la corde ensuite, il ne reçut plus rien; apparemment que les sentinelles s’étaient rapprochées des orangers. Mais il était ivre de joie. Il se hâta d’écrire une lettre infinie à Clélia: à peine fut-elle terminée qu’il l’attacha à sa corde et la descendit. Pendant plus de trois heures il attendit vainement qu’on vînt la prendre, et plusieurs fois la retira pour y faire des changements. »Si Clélia ne voit pas ma lettre ce soir, se disait-il, tandis qu’elle est encore émue par ses idées de poison peut-être demain matin rejettera-t-elle bien loin;’idée de recevoir une lettre. »

Le fait est que Clélia n’avait pu se dispenser de descendre à la ville avec son père: Fabrice en eut presque l’idée en entendant, vers minuit et demi, rentrer la voiture du général; il connaissait le pas des chevaux. Quelle ne fut pas sa joie lorsque, quelques minutes après avoir entendu le général traverser l’esplanade et les sentinelles lui présenter les armes, il sentit s’agiter la corde qu’il n’avait cessé de tenir autour du bras! On attachait un grand poids à cette corde, deux petites secousses lui donnèrent le signal de la retirer. Il eut assez de peine à faire passer au poids qu’il ramenait une corniche extrêmement saillante qui se trouvait sous sa fenêtre.

Cet objet qu’il avait eu tant de peine à faire remonter, c’était une carafe remplie d’eau et enveloppée dans un châle. Ce fut avec délices que ce pauvre jeune homme, qui vivait depuis si longtemps dans une solitude si complète, couvrit ce châle de ses baisers. Mais il faut renoncer à peindre son émotion lorsque enfin, après tant de jours d’espérance vaine, il découvrit un petit morceau de papier qui était attaché au châle par une épingle.