Charles Baudelaire 02
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Notice biographique

Le remariage de sa mère en 1828 a profondément affligé le jeune Baudelaire qui connaît une jeunesse malheureuse dans les pensions et lycées où il est connu comme un élève cynique, singulier et qui est sujet à des crises de mélancolie.

De 1839 à 1841, il mène une vie de bohème au quartier latin parisien. Il y fréquente Leconte de Lisle et devient un disciple de Théophile Gautier.

Pour l’arracher à cette vie scandaleuse, sa famille le fait voyager aux Indes.

Pris de nostalgie, il sera de retour dans six mois.

A bord du bateau, il se distancie de tout ce qui n’a rien à voir avec la littérature. Ce voyage a enrichi sa sensibilité et l’a éveillé à la poésie de la mer et de l’exotisme.

A son retour, il réclame sa partie de l’héritage de son père et mène une vie riche. Il s’habille en dandy mais cette élégance matérielle n’est pour lui qu’un symbole pour montrer la supériorité de son esprit.

Il se lie à la mulâtresse Jeanne Duval qui restera sa compagne jusqu’à sa mort quoiqu’il ait encore d’autres liaisons.

C’est une période heureuse dans sa vie et il écrit quelques poèmes qui feront partie des Fleurs du Mal.

Depuis 1846-1847, il a découvert l’oeuvre de l’Américain Edgar Poe et il traduira ses contes jusqu’à sa mort.

Le recueil des Fleurs du Mal paraît enfin en 1857 et il est aussitôt condamné en correctionnelle pour immoralité. Miné par la maladie, abusant de l’opium et du haschich, il est contraint de produire encore plus pour pouvoir payer ses dettes.

En 1864, il s’exile en Belgique. Il séjourne à Bruxelles et écrit quelques Poèmes en prose.

Abattu par une crise en 1866, il est transporté à Paris, aphasique et à demi paralysé. Il meurt en 1867.

Oeuvres
Les Fleurs du Mal (1857)
Les Paradis artificiels (1860)
Petits Poèmes en prose (1869)

Son intérêt
Baudelaire tient du romantisme par son imagination, par son lyrisme et par sa conception du rôle du poète : la révolte, l’évasion. Mais sa poésie est plus amère, plus désespérée que celle des romantiques.

Il prépare le réalisme minutieux des Parnassiens par son observation rigoureuse de la réalité extérieure et son culte de la forme.

Baudelaire est surtout l’inspirateur des symbolistes par la musicalité de ses vers et l’abondance de symboles.

Son style

Dans son vocabulaire poétique, Baudelaire innove peu. Le plus souvent il restitue aux termes simples l’éclat qu’ils avaient perdu dans l’usage banal.

Quelquefois il donne à sa poésie une saveur particulière par l’emploi de vocables rares ou triviaux.

Il marque une prédilection pour les mots qui traduisent les états dominants de sa conscience p.ex. spleen, angoisse, volupté …

Beaucoup de ses images sont d’une originalité extraordinaire. Souvent il donne une personnalité à des abstractions.

Il transpose des états d’âme ou il substitue une représentation visuelle à une autre.

Baudelaire utilise le symbole à la manière romantique, c’est-à-dire sous la forme d’une image associée à une idée qui se précise à la fin du poème (cf. L’Albatros). Il associe aussi des sensations de nature différente (cf. Les Correspondances).

C’est là qu’il se montre un précurseur des symbolistes à qui il a indiqué une direction.

Baudelaire est un rigoureux technicien du vers. Il pratique volontiers l’alexandrin, il se plaît à la forme du sonnet.

Parfois il compose des strophes d’une structure complexe (cf. L’invitation au Voyage).

Les Fleurs du Mal (1857, 1861)

La première édition en 1857 comporte 100 poèmes dont quarante-huit avaient déjà été publiés dans diverses revues.

Suite à la condamnation en correctionnelle, six poèmes incriminés ont été supprimés dans la seconde édition en 1861 qui comprend encore 35 pièces nouvelles.

Dans une édition posthume de 1868, on ajoute encore 25 pièces nouvelles.

L’unité des Fleurs du Mal tient à la douloureuse sincérité du poète qui nous parle de son mal, de ses espérances, de ses défaillances.

A travers sa propre existence, le poète a voulu retracer la tragédie humaine. C’est le conflit perpétuel, entre Dieu et Satan, qui explique la composition du recueil.

A des ensembles où dominent les aspirations vers l’Idéal succèdent d’autres ensembles qui évoquent les chutes, les sources du mal moral, appelé le Spleen.

Dans une première section, qui est de beaucoup la plus importante, Spleen et Idéal (85 poèmes), Baudelaire oppose aux vertus de l’Art et de l’Amour la déprimante misère de sa vie.

Dans les sections suivantes, Tableaux parisiens, Le Vin et Fleurs du Mal, il décrit ses tentatives pour échapper au spleen.

Toutes ces tentatives échouent et c’est alors la Révolte et il s’abandonne à la mystique noire.

Quand toutes les possibilités terrestres sont épuisées, il se tourne vers le dernier remède : la Mort.

Extrait : Correspondances.

Dans ce poème, Baudelaire essaie de nous faire voir le rapport mystérieux entre le monde réel et le monde invisible.

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
-Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Exercice

1. Quels éléments dans le premier quatrain invitent à une interprétation mystique de la nature ?
2. Comment Baudelaire explique-t-il, dans le deuxième quatrain, que la confusion peut signifier “unité” ?

Extrait : L’Invitation au Voyage

Le poète, vivant misérablement et souffrant de sa déchéance, aspire à un paradis où tout ne serait “qu’ordre et beauté”.

Ce poème compte parmi les plus mélodieux de la poésie française.

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;

Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,

Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,

Tout y parlerait
A l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde;

C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde,

-Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,

D’hyacinthe et d’or;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Exercice

1. Quelle est la correspondance entre le paysage et la femme ?
2. Quels détails du paysage pourraient évoquer la Hollande ?

Extrait : L’Albatros

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Vocabulaire

un brûle-gueule : une pipe de marin à tuyau très court

Exercice

1. Dans le poème on peut distinguer deux parties : lesquelles ?
2. Relevez les épithètes qui évoquent l’albatros “en plein vol” et “sur les planches”.
3. Montrez en quelle mesure ces termes s’appliquent au poète.

Extrait : Recueillement

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d’eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le Soleil moribond s’endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l’Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

Exercice

1. Quelle est la valeur et le rôle des signes de ponctuation dans les deux premiers vers ?
2. Les trois premiers vers du second quatrain ne contiennent aucune ponctuation importante. Pourquoi ?
3. Pourquoi certains substantifs sont-ils écrits avec une majuscule ?
4. Comment s’appelle la figure de style au début du vers 9 ?
5. De quel vers peut être rapproché le vers 8 ?

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Charles Baudelaire (1821-1867)

Sa jeunesse se caractérise par un cynisme fort prématuré. Très jeune, il mène une vie de la Bohème littéraire au Quartier Latin.

Après un voyage vers les Indes, Baudelaire touche en 1842 son héritage et il devient le dandy dont l’élégance matérielle n’est toutefois «qu’un symbole de la supériorité aristocratique de l’esprit».

Son argent est tout gaspillé en 1844, et sa vie devient plutôt misérable, ce qui n’empêche pas une intense activité politique et littéraire : il sera notamment critique d’art et traducteur d’Edgar Allan Poe.

En 1857 paraissent Les Fleurs du Mal, poèmes d’un auteur dont la santé se ruine par l’opium et le haschisch.

L’année 1864 le voit exilé en Belgique. Le peu de succès qu’il y rencontre lui inspirera son pamphlet mordant Pauvre Belgique. Paraissent aussi ses Poèmes en prose.

En 1866 il rentre à Paris, aphasique et à demi paralysé. Il meurt en août 1867.

Les Fleurs du Mal (1857, 1861).
Ce recueil est loin de la «poésie pure» parnassienne, dont l’auteur le réclame. Il avoue lui-même que «dans ce livre atroce,j’ai mis toute ma pensée, tout mon coeur, toute ma religion, toute ma haine.» Il s’efforce à «extraire la beauté du Mal».

La dualité de son âme s’y traduit par deux tendances contraires :
-des aspirations vers l’Idéal (Dieu)
-le mal moral, le «Spleen», l’Ennui (Satan).

Ce Mal, qu’il ne saurait vaincre par la Poésie, l’Amour, la Ville (= le contact social), la Drogue, le Vice ou la mystique noire, trouve sa solution finale dans la Mort.

Le poète est un incompris, un «étranger», mais sa douleur est la condition pour la poésie, le monde supérieur, le Beau. Baudelaire est, comme François Villon, un représentant exemplaire des «poètes maudits», pour qui l’Art n’est possible qu’à condition de souffrir.

La destruction. (Les Fleurs du Mal)

Sans cesse à mes côtés s’agite le Démon,
Il nage autour de moi comme un air impalpable ;
Je l’avale et le sens qui brûle mon poumon
Et l’emplit d’un désir éternel et coupable.

Parfois il prend, sachant mon grand amour de l’Art,
La forme de la plus séduisante des femmes,
Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

Il me conduit ainsi, loin du regard de Dieu,
Haletant et brisé de fatigue, au milieu
Des plaines de l’Ennui, profondes et désertes,

Et jette dans mes yeux pleins de confusion
Des vêtements souillés, des blessures ouvertes,
Et l’appareil sanglant de la Destruction!

*impalpable : imperceptible, «ontastbaar»
*spécieux : trompeur, «bedrieglijk»
*le cafard : des idées noires, «neerslachtigheid»
*haleter : «hijgen»
*souillé : sali, «bezoedeld»
*un appareil : un système

La destruction – De ondergang – Nederlandse vertaling

1. Montrez que le Démon est partout.
2. De quelle façon rusée le Mal essaie-t-il de détruire l’homme?
3. Que signifie le 8e vers?
4. Quel monde le poète, accompagné par le Mal, découvre-t-il?

Le miroir. (Petits poèmes en prose.)

Un homme épouvantable entre et se regarde dans la glace.
«-Pourquoi vous regardez-vous au miroir, puisque vous ne pouvez vous y voir qu’avec déplaisir?»
L’homme épouvantable me répond: «-Monsieur, d’après les immortels principes de 89, tous les hommes sont égaux en droits; donc je possède le droit de me mirer; avec plaisir ou déplaisir, cela ne regarde que ma conscience.»
Au nom du bon sens, j’avais sans doute raison; mais, au point de vue de la loi, il n’avait pas tort.

Les fenêtres. (Petits poèmes en prose.)

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.

Si c’eût été un pauvre vieil homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.

Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.

Peut-être me direz-vous: «Es-tu sûr que cette légende soit la vraie?» Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis?

L’étranger.(Petits poèmes en prose.)

-Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère?
-Je n’ai ni père,ni mère, ni soeur, ni frère.
-Tes amis?
-Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
-Ta patrie?
-J’ignore sous quelle latitude elle est située.
-La beauté?
-Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
-L’or?
-Je le hais comme vous haïssez Dieu.
-Eh! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
-J’aime les nuages… le nuages qui passent… là-bas… les merveilleux nuages!

Le chat.

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux;
Retiens les griffes de ta patte;
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Une Charogne.

Recueil: Spleen et idéal.

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux:
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Le ventre en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s’élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.
– Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!
Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés!


Charles Baudelaire
Né Charles-Pierre Baudelaire à Paris le 9 avril 1821. Son père meurt alors qu’il n’a pas six ans, et sa mère se remarie avec le lieutenant-colonel Aupick, que Baudelaire détestera.

Il obtient son baccalauréat en 1839, mais délaisse ensuite ses études de droit auxquelles il préfère les filles. Inquiète, sa mère veut l’éloigner de Paris, et Baudelaire embarque en juin 1941 pour Calcutta. Une tempête force le bateau à faire escale à l’île Maurice, puis à l’ïle Bourbon (la Réunion). Baudelaire choisit de rentrer en France.

En 1842, majeur, il prend possession de son héritage qu’il dissipe rapidement. Il fréquente des cercles d’artistes. En 1844, sur les instances de sa mère, un tribunal lui retire le libre-accès à ce qui reste de sa fortune. Il collabore à divers journaux. En 1848, lors des journées révolutionnaires, il prend le parti des insurgés et monte sur les barricades, réclamant la tête de son beau-père.

En 1852, il publie des traductions de l’oeuvre de Poe, qui font toujours référence, ainsi qu’une étude sur celui-ci. Il mène une vie vagabonde, entretient plusieurs liaisons.

En 1855, il publie plusieurs poèmes des Fleurs du Mal, édition complétée en 1857 qui lui vaut d’être censuré et condamné à une amende pour immoralité. En parallèle, il publie également des poèmes en prose.

En 1861-1862, il pose sa candidature à l’Académie française, puis se désiste. Il fait publier une deuxième édition, augmentée, des Fleurs du Mal, ainsi que des Petits poèmes en prose. En 1864, il se rend à Bruxelles pour y faire des « lectures ». Sa santé se dégrade.

En 1866, il est frappé d’un ictus hémiplégique accompagné d’aphasie. Il est ramené à Paris, où il meurt le 31 août 1867. Il est inhumé au cimetière Montparnasse.

Biographie rédigée par Plume et publiée sous Licence de documentation libre (GFDL 1.2) (http://www.inlibroveritas.net/auteur58.html)

Baudelaire
Source

Charles Baudelaire - Valloton
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