Émile Zola

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Émile Zola
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Notice biographique: Émile Zola (1840-1902)

Emile Zola est le fils d’un Italien naturalisé. Il fait des études à Aix-en-Provence, puis à Paris.

A la mort de son père, il a 18 ans, il abandonne ses études et va travailler à la librairie Hachette pour ficeler les paquets. Il se fait remarquer par son intelligence et est mis au service de la publicité.

Par le succès de ses premiers écrits romantiques, il se lance dans le journalisme.

Il est admirateur des Goncourt et des idées de Taine et évolue vers le réalisme.

Dès 1868, il trace le plan d’ensemble du cycle des Rougon-Macquart et à partir de 1871 il va publier, à la cadence moyenne d’un livre par an, les 20 livres de ce cycle.

C’est à partir du septième volume, L’Assommoir, que le succès, dû au scandale, le rend célèbre.

Il groupe autour de lui, dans sa villa à Médan, les écrivains de l’école naturaliste.

Il obtient son plus grand succès littéraire en 1885 avec Germinal.

Ses recherches sur le monde du travail le conduisent au socialisme et il s’engage dans la politique.

Lors de l’affaire Dreyfus, il prend parti pour l’inculpé et écrit un vibrant article “J’accuse” (1898) ce qui lui vaut un an de prison et une forte amende. Il doit s’exiler en Angleterre et n’en revient qu’à la libération de Dreyfus en 1899.

Il a tenté, jusqu’à 31 fois, en vain d’entrer à l’Académie française.

Il meurt prématurément d’une asphyxie accidentelle en 1902. En 1908, ses restes ont été transportés au Panthéon.

Oeuvres

Thérèse Raquin (1867)
Les Rougon-Macquart (1871 – 1893): e.a. L’Assommoir (1877) ; Nana (1880) ; Germinal (1885) ; Le Rêve (1888)

Son intérêt

Zola est considéré comme le maître de l’école naturaliste et a exposé sa doctrine dans Le Roman expérimental (1880), Le Naturalisme au théâtre (1881) et Les Romanciers Naturalistes (1881).

Comme disciple de Taine, Zola croit à la subordination de la psychologie à la physiologie. Le romancier naturaliste doit donc souligner les conditions physiologiques, l’influence des milieux et des circonstances qui déterminent l’homme. Zola va trop loin et donne trop d’attention aux instincts : ses personnages sont trop souvent des impulsifs ou des natures frustes. Il en résulte un climat de vulgarité matérielle.

Zola s’inspire également des idées de Claude Bernard. Le romancier naturaliste doit vérifier les lois dégagées par l’observation. Le romancier devra étudier le mécanisme des faits en modifiant les circonstances et les milieux sans s’écarter des lois de la nature.

Zola se distancie aussi du réalisme qui est devenu la reproduction intégrale de la réalité et qui a créé le roman documentaire.

Pour lui, le naturalisme doit donc s’appuyer sur la science et la réaction des caractères doit être conforme aux lois des sciences naturelles et psychiatriques. C’est Le Roman expérimental. Le romancier devient alors un “expérimentateur” qui doit observer minutieusement les faits et le comportement des hommes et par l’expérimentation l’auteur peut intervenir dans les situations où évoluent ses personnages. Enfin, il peut en dégager les lois qui régissent les hommes et en arriver à la connaissance scientifique du phénomène humain.

Zola excelle par son pouvoir de suggestion. Il est sans égal pour peindre une grève, la cohue des rues.

Ses descriptions sont brillantes. Il ne décrit pas la réalité des choses mais la transforme dans sa fantaisie romantique comme l’a fait Victor Hugo.

C’est pourquoi on peut également qualifier son art de réalisme épique.

Son style est en harmonie avec l’atmosphère naturaliste de son oeuvre.

Son style est fort travaillé par la recherche des termes exacts, des synonymes. Son style est aussi imagé par les figures de style et correspond au niveau du milieu qu’il décrit par des termes populaires, argotiques ou péjoratifs.

Les Rougon-Macquart

Les lois scientifiques qui dominent ce cycle sont empruntées au Traité de l’hérédité naturelle par le Docteur Lucas (1850).

A travers cinq générations successives, Zola a voulu montrer comment se retrouvent chez les membres d’une même famille, les traits génériques et les tares héréditaires qui déterminent leurs sentiments, leurs désirs et leurs passions.

Ce parti pris pseudo-scientifique, un peu désuet aujourd’hui, est la faiblesse de ce roman à thèse mais permet à l’auteur de présenter une grande variété de types humains et de peindre un large tableau social.

L’auteur présente entre autres une petite ville de Provence dans La Fortune des Rougon (1871); le monde de la finance dans La Curée (1872) et L’Argent (1891); les Halles dans Le Ventre de Paris (1873); les politiciens dans Son Excellence Eugène Rougon (1876); les ouvriers parisiens dans L’Assommoir (1877); le monde des viveurs dans Nana (1880); les mineurs dans Germinal (1885) et la guerre dans La Débâcle (1892).

Les Rougon-Macquart c’est donc vraiment l’histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire comme le dit le sous-titre.


Hippolyte Taine (1828 – 1893) a été le doctrinaire du réalisme et du mouvement scientifique. Ses théories supposent un déterminisme absolu, physique et moral. Il part du principe que tout homme de génie a une faculté maîtresse qui domine les autres, les oriente et les explique; l’homme de génie est lui-même un produit de la race dont il est issu, du milieu où il vit et du moment dans lequel il vit. Taine pousse cette conception déterministe à l’excès jusqu’à supprimer l’essentiel : la liberté d’esprit.


L’affaire Dreyfus (1894 – 1906) : en 1894, Alfred Dreyfus, officier français d’origine juive, est soupçonné d’avoir livré des documents militaires à un agent étranger. Il est condamné quoiqu’il se déclare innocent.

Le procès est repris et Dreyfus est condamné une seconde fois pour sauver les apparences, puis gracié. Deux clans se forment dans l’opinion publique : la droite, parti de l’ordre, préfère un seul acte d’injustice à l’anarchie générale; la gauche s’agite avec violence au nom de la Justice. Le procès est repris une troisième fois, la Cour suprême déclare Dreyfus innocent et le réhabilite.


Claude Bernard (1813-1878), médecin. En 1865, il publie son Introduction à l’Etude de la Médecine expérimentale, un chef-d’oeuvre de la langue en même temps qu’un travail scientifique d’un grand retentissement. Il a étendu la méthode scientifique aux corps vivants. La valeur de sa méthode réside dans une observation précise, une expérience soutenue par des vivisections, une critique expérimentale très sévère. Il refuse à l’hypothèse tout rôle qui dépasse celui du groupement des faits, de la direction dans les recherches et de la coordination des résultats obtenus.
Il a exercé une grande influence sur ses contemporains et les écrivains se sont passionnés pour les découvertes physiologiques du grand médecin qui a éveillé leur goût pour l’observation et l’enquête.


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