Albert Samain

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Heures d’été

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Albert Samain

Le Laboureur

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Le Laboureur

Mars préside aux travaux de la jeune saison;
À peine l’aube errante au bord de l’horizon
Teinte de pâle argent la mare solitaire,
Le laboureur, fidèle ouvrier de la terre,
Penché sur la charrue, ouvre d’un soc profond
Le sein toujours blessé, le sein toujours fécond.
Sous l’inflexible joug qu’un cuir noue à leurs cornes,
Les bœufs à l’œil sanglant vont, stupides et mornes,
Balançant leurs fronts lourds sur un rythme pareil.
Le soc coupe la glèbe et reluit au soleil,
Et dans le sol antique ouvert jusqu’aux entrailles
Creuse le lit profond des futures semailles…
Le champ finit ici près du fossé bourbeux;
Le laboureur s’arrête, et dételant ses bœufs,
Un instant immobile et reprenant haleine,
Respire le vent fort qui souffle sur la plaine;
Puis, sans hâte, touchant ses bœufs de l’aiguillon,
Il repart, jusqu’au soir, pour un autre sillon.

Albert SamainAux flancs du vase.

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Albert Samain

Mon enfance captive

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Mon enfance captive
* Le « rouissage »: rouir le lin c’est le faire macérer dans l’eau pour faciliter la séparation de l’écorce filamenteuse d’avec la tige.
* Une rapière: épée à lame longue et fine.
* Les saintes femmes: rappel biblique – Marie-Marthe et Marie-Madeleine au tombeau du Christ.
* L’esclandre: le bruit qui fait scandale.


1er quatrain: enfance morose, rêves d’évasion.
2e quatrain: « les pays de lumières ».
1er tercet: son dégoût de ces visions factices, retour à la réalité.
2e et 3e tercet: Samain chante sa Flandre natale.

Samain n’a pas innové, ni dans la forme ni dans le fond, mais son originalité réside dans sa sagesse, sa mesure et sa sincérité.

Détails biographiques

Albert Samain est né à Lille en 1858, dans les brumes du Nord, parmi les usines. Il était d’une famille flamande de petite bourgeoisie. Son père mourut quand il avait treize ans et il dut interrompre ses études pour gagner sa vie et aider sa mère à élever ses frères orphelins. Il fut d’abord employé dans une banque lilloise, puis dans une maison de courtage de sucres. Il entra enfin comme expéditionnaire à l’Hôtel-de-Ville de Paris. Pour échapper à sa vie mesquine il s’évada dans la poésie. Il ne se mêla aux milieux littéraires parisiens qu’avec une grande réserve mais il subit fortement l’influence de Baudelaire et de Verlaine.

La nostalgie dévorait son âme. Quand il eut conquis quelque indépendance il voyagea dans le Midi, dans les Pyrénées, en Espagne, en Italie, vers les « pays de lumières ». La maladie, puis la mort de sa mère, en 1898, assombrirent ses dernières années. Quelques séjours dans le Midi, le calme de la vallée de Chevreuse ne peuvent le guérir de sa mélancolie. Il meurt en 1900, à 42 ans.

Les œuvres d’Albert Samain

Au jardin de l’Infante fut publié en 1893 et complété en 1897. Le poète y exprime les désenchantements de sa vie.

Aux Flancs du Vase est publié en 1898. La poète cesse de se pencher sur lui-même pour se tourner vers le monde extérieur. Ses idylles sont pittoresques, alertes, précises (le Marché, le Repas préparé). On y sent l’influence du Parnasse.

Le Chariot d’Or écrit en 1898, est un recueil posthume. Le poète venait de perdre sa mère. L’ombre d’une mort prochaine marque tout le recueil.

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Albert Samain, Il est d'étranges soirs
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Albert Samain, Automne
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