Arthur Rimbaud

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Notice biographique
Né en 1854 à Charleville, il est élevé sévèrement par une mère pieuse et autoritaire.  Il fait de brillantes études et se fait remarquer par son caractère ombrageux et indépendant.

Comme adolescent il fait des fugues et se révolte ouvertement contre sa famille, la morale et la religion.

En 1871, il va à Paris où il fréquente les milieux littéraires.  Il rencontre Verlaine, à qui il avait adressé quelques poèmes. 

Ensemble, ils mènent une vie vagabonde en Belgique et en Angleterre.
Après le drame en 1873, les deux amis se revoient encore une seule fois en 1875.

Après 1875, Rimbaud cesse d’écrire et commence une nouvelle carrière : il voyage, explore des mondes inconnus et fait même du commerce.

Il meurt en 1891 à Marseille, où il s’est fait amputer une jambe à cause d’une tumeur au genou.

Oeuvres
Vers d’adolescence (1869-1872)
Une Saison en enfer (1873)
Illumination (1886)

Son style

Rimbaud a écrit toute son oeuvre avant sa vingtième année mais il a profondément renouvelé la poésie française.

Rimbaud inspira toute une génération de poètes : les surréalistes pour qui il est un précurseur.

Rimbaud a voulu renouveler la poésie par l’inspiration poétique.  Le poète doit être un voyant.  Par un dérèglement de ses sens, Rimbaud s’habitue à l’hallucination.

Les correspondances de Baudelaire sont poussées à l’extrême.

Il a aussi voulu renouveler la poésie par le langage poétique.  Il était à la recherche d’un langage universel, dans lequel il pouvait exprimer ces correspondances.

Les Vers d’adolescence

Rimbaud a voulu établir tout un système de correspondance entre les sons et les couleurs.

Extrait : Voyelles (1871)

A, noir; E, blanc; I, rouge; U, vert; O, bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre !  E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
-O, l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Vocabulaire
bombinent : mot créé par Rimbaud d’après un verbe latin : qui bourdonnent
viride : vert
les pâtis : les pâturages
les strideurs : mot créé par Rimbaud : des bruits stridents

Le poème suivant montre la pitié du poète pour les victimes de la guerre de 1870.

Extrait : Le Dormeur du Val

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent où le soleil de la montagne fière
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la tête baignant dans le frais cresson bleu
Dort; il est étendu dans l’herbe sous la nue
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort.  Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme.
Nature !  Berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine,
Il dort dans le soleil, la main dans la poitrine,
Tranquille.  Il a deux trous rouges au côté droit.

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